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Israël Palestine Gaza : la Chine exige le cessez-le-feu


 
Pendant que Laurent Fabius affirme qu’une solution internationale doit être imposée à Gaza, le ministre des affaires étrangères chinois Wang Yi a invité Israël à établir un cessez-le-feu, desserrer le blocus de la Palestine et libérer ses prisonniers. C’est une rentrée solennelle de la Chine dans le concert des nations et une double gifle diplomatique pour Tel Aviv.
Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, Israël, appuyé sur une puissance américaine conquérante, avait les coudées franches au Proche-Orient, en Palestine notamment. Mais l’éveil économique, militaire, diplomatique de la Chine, qui se dessine depuis plusieurs mois et s’est accentué avec les accords passés avec l’Inde, la Russie, les Brics, change la donne.
 

Une ère se termine pour Israël et la Palestine

 
Le ton solennel, calme mais sans réplique de Wang Yi lorsqu’il a énuméré les exigences chinoises lors de sa tournée en Egypte, signifie qu’une ère se termine. La liberté et l’impunité absolue d’Israël s’exerçaient dans un monde quasiment unipolaire régi par l’Euramérique, à l’intérieur duquel Tel Aviv jouissait d’amitiés particulières. Les réseaux et les séductions d’Israël pèsent moins en Russie et en Amérique latine, et quasiment pas en Inde ni en Chine. Or comme celles-ci commencent à peser dans le nouveau concert des Nations, Israël perd corrélativement du poids et se trouve en butte aux attaques de nouvelles forces qui n’ont pas de raisons traditionnelles de l’épargner. L’exception politique israélienne se trouve ainsi menacée. Le rapport des forces à l’ONU va se modifier et retrouver un équilibre sans doute semblable à celui des années soixante et soixante-dix.
 

Cessez-le-feu à Gaza : l’éveil de la Chine

 
D’où un soutien plus discret d’Obama à Tel Aviv. D’où également les déclarations très fermes de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères. Les relations d’amitié d’Israël avec la France n’ont empêché le ministre des affaires étrangères de condamner le « carnage » de Gaza. Et d’ajouter que la solution politique « devra être imposée par la communauté internationale, puisque les deux parties se sont malheureusement montrées incapables d’en conclure la négociation ». On peut être sûr que le droit à la sécurité de l’Etat juif ne sera pas oublié, mais c’est désormais une certitude : l’équilibre des grands a été suffisamment modifié pour que le destin d’Israël ne fasse plus exception, il n’est plus exclusivement du ressort des Israéliens mais entre dans le champ des compétences partagées d’un consortium nommé « communauté internationale », qui suit la résultante des influences nationales et supranationales et qui préfigure la future gouvernance globale.

Israël. Palestine. Gaza. Chine. Cessez-le-feu.