fbpx

Mgr Jacques Behnan Hindo, archevêque syriaque, se dit « perturbé » par le rôle de la CIA dans la guerre en Syrie

Jacques Behnan Hindo archevêque syriaque rôle CIA guerre Syrie
 
L’archevêque syriaque catholique d’Hassaké-Nisibi (Syrie), Mgr Jacques Behnan Hindo, a affirmé qu’il était « perturbé » par le rôle de la CIA américaine dans le conflit syrien.
 
C’est à la suite d’une déclaration du sénateur américain John McCain que le prélat syrien a réagi : « Le sénateur américain John McCain a protesté en disant que les Russes ne bombardaient pas les positions de l’Etat islamique, mais plutôt les rebelles anti-Assad entraînés par la CIA. J’ai trouvé ces mots perturbants. Ils constituent un aveu flagrant que derrière la guerre menée contre Assad, il y a aussi la CIA », a-t-il déclaré.
 

L’archevêque syriaque dénonce la « propagande occidentale » et s’interroge sur le rôle de la CIA

 
Dans un entretien accordé à Fides, l’archevêque a regretté que la « propagande occidentale » continue à « parler de rebelles modérés qui n’existent pas » alors que les forces russes s’engagent contre les milices islamistes dans le pays. Une accusation directement portée sur le rôle de la CIA dans la formation d’islamistes en Syrie.
 
« Il y a quelques chose de vraiment perturbant à propos de tout cela : une superpuissance proteste depuis le 11 septembre parce que les Russes bombardent les milices d’Al-Qaïda en Syrie. Qu’est-ce que cela veut dire ? Al-Qaïda serait désormais un allié des Etats-Unis, simplement parce que l’organisation porte un nom différent en Syrie (Jabhat al-Nosra, Ndlr) ? Méprisent-ils à ce point notre intelligence et notre mémoire ? », a-t-il ajouté.
 

Pour Monseigneur Jacques Behnan Hindo, le départ de Bachar el-Assad pendant la guerre ferait de la Syrie « une deuxième Libye »

 
Une interrogation formulée par nombre d’ecclésiastiques, de responsables politiques ou de simples civils syriens depuis maintenant quatre ans. Beaucoup n’ont cessé d’accuser l’Occident d’armer, d’entraîner et de financer des islamistes qui n’ont jamais été plus « modérés » que ceux de l’Etat islamique lui-même.
 
Mgr Hindo a également profité de cette tribune pour rappeler que c’était aux Syriens, et non à l’Etat islamique ou aux nations occidentales, de décider du départ de Bachar el-Assad. Il a par ailleurs affirmé que le départ du président Syrien pendant cette guerre risquait de transformer la Syrie en une deuxième Libye.
 

Béatrice Romée