La Finlande a ceci de particulier qu’elle autorise la collecte de données sur tous types de sujets selon la nationalité d’origine. Un think tank finlandais, Suomen Perusta, lié au parti de droite « populiste » Perussuomalaiset, vient de publier une analyse de ces données. Vu que le pays compte désormais 600.000 habitants nés hors de ses frontières – proportion remarquable pour une population totale de 5 millions de personnes –, on peut parler d’une enquête grandeur nature, qui comporte des leçons pour l’ensemble des pays occidentaux accueillant de nombreux immigrés, clandestins ou non, venus de pays non européens.
C’est ce que vient d’expliquer, dans une tribune publiée par le Telegraph, un ancien diplomate des Etats-Unis, Simon Hankinson, aujourd’hui aussi membre chercheur d’un autre think tank conservateur, The Heritage Foundation. Il y travaille sur la sécurité des frontières et l’immigration. Voici donc établi « d’où » il parle, comme on disait en mai 68, mais il parle à partir de chiffres et de données publiques. Il montre essentiellement que la promotion de la migration de masse repose sur des mensonges, qu’il désigne comme les mensonges des internationalistes.
La migration en Finlande a un fort coût pour le contribuable
Il décrit ces derniers comme d’« improbables alliés » (ce qui se discute) : des socialistes qui veulent un monde sans nations ni frontières, de hauts responsables de grosses sociétés qui donnent la priorité au travail bon marché, des migrants à la recherche de citoyenneté dans les pays riches et des avantages et allocations qui vont avec. A ceux-là, dit-il, s’opposent les camps « nationalistes » : les patriotes, les populistes, les conservateurs religieux, ceux qui mettent en avant la sécurité nationale et économique, l’identité nationale, la culture…
Hankinson identifie ainsi les mensonges internationalistes : l’idée que des migrants, d’où qu’ils viennent, peuvent être assimilés facilement, qu’ils seront des contributeurs fiscaux positifs et que la vie des autochtones n’aura pas à souffrir de leur présence.
Le nombre de migrants croît rapidement en Finlande. Il y a dix ans, elle en avait moitié moins qu’aujourd’hui, soit 300.000 personnes nées hors de ses frontières. Et encore, ces migrants ne venaient-ils pas, le plus souvent, de pays lointains. Au rythme actuel, la Finlande reçoit 50.000 nouvelles arrivées chaque année, parmi lesquelles beaucoup en provenance d’Afrique, d’Asie et du Proche-Orient, et Helsinki compte désormais, pense-t-on, une personne d’origine étrangère sur cinq. En 2024, la moitié des nouveaux arrivants dans le pays venait au titre du regroupement familial.
Un migrant somalien en Finlande coûtera près d’un million d’euros au long de sa vie
Les données publiques ont permis à Suomen Perusta de calculer « l’effet du cycle de vie » des migrants sur les finances publiques. En particulier, en ce qui concerne les demandeurs d’asile et les réfugiés nés en Irak ou en Somalie, les migrants issus de ce dernier pays ont été jugés les plus « chers », avec un poids sur le contribuable d’environ 951.000 euros au cours de leur vie. Les migrants venus d’Irak ne coûteraient « que » 700.000 euros pendant la durée de leur vie. Encore ne compte-t-on pas dans ces évaluations le coût des enfants à venir de ces familles arrivées d’ailleurs. Ainsi, le Somalien moyen devrait-il coûter jusqu’à 1,34 million d’euros au cours de sa vie, en tenant compte de sa progéniture, selon les projections.
Pour ce qui est des contributions fiscales, des chiffres déjà anciens mis au jour dernièrement montrent qu’en 2011 un Finlandais de souche contribuait en moyenne 3.400 euros de plus par an en taxes et impôts qu’il ne récupérait sur les finances publiques. Pour l’ensemble de la population née à l’étranger, la contribution nette était de zéro, mais les disparités selon les pays de provenance se révélaient importantes : les Allemands affichaient une contribution positive de 5.100 euros tandis que les Somaliens affichaient une contribution nette négative de 7.900 euros par personne.
De plus, souligne Hankinson, les sondages en Finlande et dans d’autres pays européens montrent qu’une bonne proportion des électeurs n’est pas favorable à la migration de masse : « Mais une combinaison de la gauche, des intérêts des grosses sociétés et des électeurs immigrés gagne des élections et maintient le statu quo », dit-il. Ainsi, un récent sondage en Finlande a montré que plus des deux tiers des migrants affirment vouloir voter pour des partis de gauche, ce qui est normal puisqu’ils sont plus favorables à la migration de masse et aux allocations universelles.
Le mensonge sur l’immigration occulte son coût pour les autochtones
De nombreux travaux dans le monde vont dans le même sens. On pense à ceux de Jean-Paul Gourevitch. En 2024, celui-ci évaluait le coût de l’immigration en France à plus de 40 milliards d’euros par an. Bien entendu, ce type de chiffre est contesté dans la presse de gauche qui mettait notamment en cause les données utilisées et accusait l’auteur de manipulation. L’intérêt de l’étude finlandaise, justement, est de reposer sur des données publiques autorisées, qui ne font pas l’objet d’une occultation au nom de l’antiracisme…
Hankinson propose d’autres données venues, par exemple, des Etats-Unis, où l’on a compté dans le Minnesota que 81 % des foyers dont le chef de famille est un immigré somalien reçoivent des allocations fédérales, contre 21 % des foyers ayant à leur tête des personnes nées en Amérique.
On pourrait rétorquer que ces familles, étant réfugiées, sont dans des situations matérielles précaires : elles ont forcément toute une vie à reconstruire, et donc besoin de temps pour trouver un niveau de vie et une capacité financière comparables à ceux des autochtones. Les projections finlandaises montrent néanmoins que leurs enfants aussi pèsent sur les finances publiques.
Il n’est que de voir la manière dont on parle de « quartiers défavorisés » – pour ne pas dire banlieues ethniques – pour comprendre que ce sont des problèmes qui s’installent dans la durée.











