Espagne : Mgr José Munilla affirme qu’il n’y a aucun parti parlementaire pour lequel un catholique puisse voter en conscience

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L’évêque de San Sebastian, Mgr José Ignacio Munilla, estime qu’il n’existe aujourd’hui en Espagne aucun parti politique aujourd’hui représenté aux Cortes pour lequel un catholique puisse voter en conscience. Dans une interview très franche et très directe accordée au quotidien El Prisma, le jeune évêque rappelle que l’utilité d’un vote est une considération « secondaire » par rapport au devoir du catholique – s’il doit peser sur le débat parlementaire, en somme, que ce soit en vérité.
 
Mgr Munilla explique : « Cette question nous conduit au débat entre utilitarisme et conscience. Certains diront : “Si je vote en conscience, mon vote ne sera pas utile.” Je crois qu’entre utilitarisme et vote en conscience, il est clair de quel côté nous devons pencher : celui du vote en conscience. Que ce ne soit pas un vote utile est une question secondaire. L’un des problèmes (de ce temps) a été de penser que l’exercice du vote politique est un exercice de “possibilisme” utilitariste et c’est ce qui nous à amené au point où nous en sommes, et là où nous allons. »
 

Le catholique ne doit pas chercher à voter utile, dit Mgr José Munilla

 
Interpellé sur le fait de savoir s’il maintient qu’il n’y a aujourd’hui en Espagne aucun parti politique pour lequel un catholique puisse voter en conscience, Mgr Munilla répond : « Je le maintiens. Il n’y en a pas. Par conséquent, si un catholique doit voter pour un parti minoritaire dont le vote ne sera peut-être d’aucune utilité au niveau des majorités, qu’il ne s’agisse pas d’un “vote utile” est une question secondaire. »
 
Voilà des réponses sans langue de bois.
 
Interrogé plus loin sur l’« hiver de l’Eglise en Espagne », Mgr Munilla en donne la raison : « L’hiver survient quand nous n’avons pas bien fait les choses. Quand nous n’avons pas posé les bonnes bases pour qu’un catholicisme bien formé ait cette capacité de présence dans la vie publique. C’est ce qui est à l’origine de cet hiver. »
 
Et comment en sortir ?
 

En Espagne, les partis parlementaires ont oublié la conscience parce que les catholiques ne sont pas bien formés

 
La réponse est cinglante. « Eh bien, le contraire. Que nous soyons purifiés et en étant une minorité, un reste d’Israël, que nous soyons plus libres par rapport à d’autres considérations, plus saints. Et que cette solitude nous permette de nous préoccuper davantage de ce que Dieu pense de nous que de ce que pensent les autres. Notre public, c’est Dieu, et non les autres. Nous avons besoin de la liberté évangélique pour mener notre vie par rapport à la volonté de Dieu, et non celle des autres. »
 
Intéressante question, enfin, sur une parole du fondateur de l’Aide à l’Eglise en détresse affirmant que là où l’Eglise est persécutée, elle fleurit, alors que là où les gens fuient leur croix, elle s’étiole. En Europe, elle s’est étiolée.
 
La réponse de Mgr Munilla rappelle que l’Eglise peut fleurir partout : « Je pense que chacun d’entre nous doit embrasser sa croix dans sa vie concrète. Et chacun sait très bien quelle est sa croix. Parfois elle est d’ordre familial, parfois elle concerne le travail ou la santé. Il ne faut pas théoriser sur la croix, chacun doit rencontrer et embrasser la sienne, concrète, et avoir foi en sa fécondité. »