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Nouvelle escalade entre la Russie et la Turquie

Nouvelle escalade Russie Turquie

Avion chasseur-bombardier russe Su-34. Comparé aux F-16 turcs moins manoeuvrables, il peut porter plus de munitions et de combustible, et est doté de plus de capacités en matière d’autodéfense.


 
La Turquie accuse de nouveau la Russie d’avoir violé son espace aérien. L’OTAN fait chorus. Le Kremlin dément. Il est donc difficile de savoir ce qu’il en est… Ce qui est sûr, c’est que cette nouvelle escalade, cette nouvelle tension entre Moscou et Ankara cadre mal avec la volonté affichée de travailler à la paix dans cette région proche-orientale où les affrontements n’en finissent plus, à tous les niveaux, de ravager les pays et les populations.
 
« Un Su-34 [chasseur russe Soukhoï] appartenant à l’aviation russe a violé l’espace aérien à 11h46 locale hier », malgré plusieurs avertissements, a annoncé samedi le ministère turc des Affaires étrangères, qui a convoqué Andreï Karlov, l’ambassadeur de Russie à Ankara.
 

Nouvelle escalade entre Ankara et Moscou

 
A la suite de quoi, le président turc a déclaré qu’il voulait rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine. Tayyip Recep Erdogan a mis en garde Moscou, en déclarant que « la Russie devra assumer les conséquences si elle continue de telles violations contre les droits souverains de la Turquie ».
 
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a évidemment soutenu la demande turque, en appelant Moscou à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour que l’espace aérien de l’Alliance atlantique soit respecté. « Un appareil de combat russe a violé hier l’espace aérien turc malgré les avertissements répétés des autorités turques. De précédents incidents de ce type ont montré combien ce comportement était dangereux », déclare-t-il dans un communiqué. « Je demande à la Russie d’agir avec responsabilité et de respecter totalement l’espace aérien de l’OTAN », poursuit le texte.
 

La Russie nie toute violation aérienne

 
Le ministère turc des Affaires étrangères affirme de son côté que cette nouvelle violation de son espace aérien est la preuve que Moscou veut envenimer les relations entre les deux pays.
 
Le Kremlin a rapidement réagi, en niant la réalité de cette violation de l’espace aérien turc par l’un de ses avions. « Il n’y a eu aucune violation de l’espace aérien turc par des avions des forces aériennes russes présentes en Syrie, a ainsi déclaré le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov. « Les déclarations turques concernant la violation présumée de son espace aérien par un SU-34 russe sont de la propagande sans fondement », a-t-il poursuivi en accusant les détracteurs de son pays d’avoir trop regardé de films d’actions d’Hollywood.
 

La Turquie n’apporte aucune preuve

 
Pour l’heure, Ankara n’a donné aucune précision quant au lieu où une telle violation de son espace aérien se serait produite – ni aucune preuve. Il est cependant notable que cette nouvelle tension se produise le jour même où les représentants syriens arrivaient à Genève pour se mettre à la table des négociations, alors que la Turquie avait déjà fait, la semaine dernière, des difficultés quant à l’organisation de cette réunion.
 
En réalité, cela ressemble à une nouvelle dégradation de la situation entre la coalition internationale et les Russes qui, tout deux, prétendent œuvrer pour la en Syrie sans parvenir cependant à s’entendre, malgré les efforts de diplomatie développés ces derniers mois par Moscou.
 
Par ailleurs, si l’on considère que le président Erdogan est à nouveau à l’offensive, chez lui, pour faire admettre son projet constitutionnel de super-présidence, l’annonce selon laquelle il voudrait rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine vise peut-être aussi à se tailler une place parmi les « grands »…
 

François le Luc