L’Assemblée générale de l’ONU a adopté mercredi une résolution présentée comme « décisive » et comme « une affirmation puissante de la loi internationale, de la justice climatique et de la science » par le secrétaire général de l’institution, Antonio Guterres, ancien président de l’Internationale Socialiste. Ladite résolution, présentée par l’île de Vanuatu, porte-drapeau des « risques climatiques », appelle tous les Etats membres à prendre toutes les mesures possibles pour éviter de causer des dommages significatifs au climat et à l’environnement, y compris en ce qui concerne les émissions à l’intérieur de leurs propres frontières, tout en maintenant le respect des obligations nées de l’accord de Paris. Toujours plus.
Bien sûr, selon cette résolution, il faut augmenter la coopération entre Etats pour contrer le changement climatique, et pour sauvegarder (tenez-vous bien) « le droit à la vie, à la santé et à un bon niveau de vie ». Pour ce qui est du droit à la vie, la promotion du contrôle de la population, de la contraception et de l’avortement pendant des décennies sous l’égide de l’ONU en particulier, montre à quel point il y a ici un mensonge. Quant au niveau de vie, ce sont justement les mesures contre diverses formes d’énergie qui entraînent une baisse des revenus, notamment dans les pays dits riches, où les classes moyennes et les jeunes surtout sont en voie de paupérisation, faute de pouvoir se loger, notamment en raison des exigences de la transition énergétique.
L’ONU a largement adopté une résolution renforçant les obligations climatiques
Comme toujours, après le vote de l’Assemblée générale acquis par 141 voix contre 8 et 28 abstentions, Guterres a une nouvelle fois déclaré que ceux qui sont les moins responsables du changement climatique en paient le prix le plus élevé. La question de la transition « équitable » vers les énergies renouvelables – avec le cortège de profondes modifications sociétales et économiques que celle-ci entraîne, en particulier pour les pays occidentaux développés – continue de constituer le fond de l’affaire sur le plan matériel et politique. Mais il ne faut jamais perdre de vue que la dimension spirituelle est le vrai moteur de l’appel général au sacrifice pour la planète, ou plutôt à la planète, à Gaïa. C’est une spiritualité globale qui est fondamentalement visée.
On continue de nous expliquer que les renouvelables sont les formes d’énergie les moins chères et les plus sûres, elles qui alourdissent nos factures et produisent une énergie intermittente. Mais voici aussi qu’après des années de discours sur la catastrophe, voire l’« ébullition » climatique inventée il y a trois ans par Guterres soi-même, on revient à l’affirmation que le réchauffement d’1,5 °C tout au plus par rapport à l’ère préindustrielle est encore atteignable – à condition de maintenir la pression.
Plusieurs Etats ont voté contre la résolution du Vanuatu : le Bélarus, l’Iran, Israël, le Libéria, la Russie, l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis et le Yémen. Les producteurs de pétrole se retrouvent dans cette fronde et cela n’a rien d’étonnant. Parmi les abstentionnistes on trouve l’Inde et la Turquie, le Qatar et le Nigeria, ce qui ne représente pas peu de monde. Mais aussi l’Afrique du Sud, le Kuwait et Bahrein, la Libye, l’Algérie… La Chine fait quant à elle partie des Etats ayant adopté la résolution. Il est vrai qu’elle est largement exempte de nombre des obligations résultant des accords de Paris. Ça ne mange pas de pain…
Le Vanuatu champion de la « justice climatique »
Pour ce qui est des nouvelles obligations des Etats membres résultant du vote positif, elles dérivent d’une opinion de la Cour internationale de justice demandée par l’Assemblée générale de l’ONU, rendue l’été dernier, et portant sur la responsabilité des Etats vis-à-vis de leurs engagements climatiques. L’opinion devait dépasser l’attente des réchauffistes, puisque la Cour est d’avis qu’il est illégal pour les différents pays de ne pas tenir leurs engagements, ce qui ouvre la porte aux dédommagements ou réparations pour les pays affectés par le changement climatique.
Il ne manque plus que la création d’un registre international des dommages, qui avait été prévu par la première mouture de la résolution, heureusement modifiée. Il n’y aura donc pas d’obligation internationale de compiler les réparations dues aux victimes de la « disruption climatique ». Il n’empêche, selon la Cour internationale, la simple violation des obligations climatiques telles que définies, par exemple par l’Accord de Paris, pourra entraîner le paiement de jolies sommes aux Etats victimes.
En revanche, le secrétaire général de l’ONU se trouve chargé de mettre sur pied un rapport sur les manières d’avancer le respect de toutes les obligations relatives à l’opinion de la Cour, d’ici à la prochaine Assemblée générale de l’ONU en septembre 2027. On ne perd rien pour attendre.











