Des ouvriers d’Hyundai en Corée en grève contre l’IA

ouvriers Hyundai grève IA
 

Les ouvriers de Hyundai Motor en Corée du Sud ont voté la grève, mercredi dernier, pour marquer leur opposition à un plan de mise en place de robots humanoïdes dans leurs ateliers. Selon la branche Hyundai de l’Union des ouvriers métallurgiques de Corée, pas moins de 87 % de ses 40.000 membres employés par le constructeur automobile sont en faveur de ce mouvement visant à obtenir le droit du personnel d’intervenir dans les choix de recours à l’IA et à l’automatisation.

Dès que Hyundai avait annoncé vouloir importer et utiliser le robot humanoïde Atlas, développé par sa filiale Boston Dynamics dans ses usines américaines, le syndicat avait averti qu’en l’absence d’un accord entre les partenaires sociaux, les travailleurs empêcheraient carrément l’entrée des robots sur leur lieu de travail. Ils craignent évidemment pour leurs emplois. Un syndiqué ayant souhaité rester anonyme fait état des informations et des vidéos qui circulent montrant des robots de plus en plus adroits. « Cela rend les employés nerveux quant à leur avenir », a-t-il noté.

 

Les ouvriers d’Hyundai font grève pour l’intéressement et contre les robots

Les grévistes réclament aussi un bonus de performance équivalent à 30 % du profit net d’Hyundai. Cela reviendrait actuellement à quelque 27.150 dollars pour chacun des 73.000 ouvriers de la société. Ils revendiquent également, tenez-vous bien, le relèvement de l’âge de la retraite de 60 à 65 ans. Ils réclament également une hausse de leur salaire de base.

A ce jour, les grèves annoncées de Hyundai n’ont jamais pris de fortes proportions, des arrangements ayant pu être trouvés pour éviter les grèves d’ampleur, même si des arrêts de travail plus modestes ont pu être enregistrés. Celle-ci devrait être entérinée ou non le 30 juin par le syndicat.

Mais le contexte est celui d’une profitabilité en chute, notamment en raison des droits de douane américains, de l’augmentation des coûts de la matière première et d’une baisse de la demande des véhicules électriques. Ainsi, pendant le premier trimestre de cette année, le profit net a connu une baisse de 23,6 %, rapporte le Financial Times.

 

La grève contre l’IA, une bonne pub contre l’IA

Les employés de Hyundai ont cependant vu des démarches similaires couronnées de succès chez Samsung Electronics et SK Hynix, fabricants de puces qui profitent du boom de l’IA. Mais ils ne tiennent pas compte des difficultés de leur propre secteur et, en outre, pourraient bien par contraste rendre de plus en plus désirable un robot capable de travailler 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 dans des usines totalement automatisées que Hyundai semblerait vouloir mettre sur pied d’ici à 2030.

Tout sera en somme une question d’équilibre. Dès lors que l’employé humain sera réellement remplaçable, il pourra revendiquer tant qu’il veut, dépassé qu’il sera par la machine.

 

Anne Dolhein