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Retrait de l’Autriche du Pacte mondial sur les migrations, ce texte de l’ONU soutenu par le pape François

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Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, ou Global Compact sur les migrants et réfugiés, qui doit être signé par les Etats membres de l’ONU en décembre à Marrakech, au Maroc, est de plus en plus critiqué. L’Autriche, l’Australie et la Hongrie ont déjà suivi l’exemple des Etats-Unis en annonçant leur retrait, devant le risque de voir créé un droit international à la migration. Même si le texte adopté en juillet à l’ONU n’est pas un accord contraignant, l’expérience montre qu’il sera probablement utilisé pour faire pression sur les Etats-nations et que des tribunaux comme la Cour européenne des droits de l’homme ou la Cour de Justice de l’UE pourraient l’invoquer pour justifier leurs décisions. D’autant qu’il a obtenu le soutien appuyé de la Commission européenne et du pape François.
 
Le chancelier Sebastian Kurz a fait savoir mercredi, au grand dépit de la Commission européenne, que l’Autriche ne fera pas non plus partie des signataires à Marrakech. Question de souveraineté. Donald Trump, qui le premier a retiré son pays des négociations en décembre dernier, invoquait la même raison : il n’était pas question de se laisser lier les mains par ce type de texte onusien en matière de politique d’immigration. Pour le gouvernement hongrois, qui a annoncé son retrait en juillet, ce pacte « représente un danger pour le monde ; il est contraire aux intérêts de l’Europe ». Pour le ministre de l’Intérieur australien, qui signifiait début août le refus de ce pacte, « dans sa forme actuelle », par le gouvernement dont il fait partie, c’est comme pour le président américain une question de souveraineté nationale.
 

La décision de l’Autriche a tout pour déplaire au pape François

 
Le pape François est doute déçu lui aussi, puisqu’il soutient ouvertement ce Pacte mondial et, contrairement à ses prédécesseurs, le devoir d’accueil illimité des Etats européens. François vient justement d’annoncer dans un message au Forum social des migrations 2018, qui se tient dans la capitale du Mexique, la présentation d’un plan en 20 points qui se veut une contribution au Global Compact de l’ONU. Selon l’annonce qui en a été faite, ces 20 points s’articulent autour de la notion d’accueil, de protection, de promotion et d’intégration des immigrants. Il s’agit pour le pape argentin de « donner une voix aux sans-voix », c’est-à-dire entre autres « aux migrants, aux réfugiés et aux personnes déplacées, qui sont ignorés, exploités, violés et victimes d’abus dans le silence coupable de beaucoup ». Le pape François a encore indiqué que nombre des principes et mesures dont il est question dans le document du Vatican coïncident avec les déclarations des ONG.
 

De plus en plus de pays européens hostiles au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

 
Mais face à Juncker et aux commissaires européens ouvertement favorables à l’immigration de masse (Avramopoulos, Mogherini…), face aux ONG pour beaucoup financées par Soros, l’homme-lige des Rothschild, face à des responsables politiques comme Merkel et Macron et face à l’actuel évêque de Rome, un nombre croissant de gouvernements font marche arrière sur ce Pacte mondial sur les migrations. C’est ainsi que vendredi, lors de rencontres intergouvernementales germano-polonaises à Varsovie, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki à fait savoir à Angela Merkel que la Pologne ne signerait probablement pas le Global Compact. C’est la recommandation que lui avait faite son ministre de l’Intérieur il y a un mois en invoquant des questions de sécurité nationale.
 
En Croatie, une polémique s’est déclenchée entre la présidente Kolinda Grabar-Kitarovic, hostile au Pacte mondial pour les migrations, et le ministre des Affaires étrangères qui y est favorable. En Tchéquie, après l’annonce autrichienne, le Premier ministre Andrej Babiš a également fait connaître jeudi son intention probable de ne pas signer ce pacte. Babiš dit ne pas aimer ce texte en raison de ses déclarations vagues qui peuvent être interprétées de manière abusive en faveur d’un droit à l’immigration ; il cite justement le retrait des Etats-Unis, de la Hongrie, de l’Autriche et sans doute bientôt de la Pologne.
 
Cet effet domino arrivera-t-il jusqu’à la France ? Macron étant au pouvoir, certainement pas. L’Italie paraît mieux placée aujourd’hui pour être le prochain pays européen à se retirer du « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières »… sur le papier, et surtout massives, dans les faits.
 

Olivier Bault