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La Pologne signe deux gros contrats pour couvrir un quart de ses besoins en gaz avec du GNL américain après 2022

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La compagnie gazière polonaise PGNiG a signé cette semaine deux très gros contrats pour la fourniture de gaz naturel liquéfié (GNL) américain avec Port Arthur LNG, une société de Sempra LNG & Midestream, et avec Venture Global LNG. L’objectif stratégique de la Pologne n’est plus seulement de réduire la part du gaz russe dans ses importations, mais d’éliminer totalement Gazprom du marché polonais à l’expiration du contrat actuel qui arrivera à expiration en 2022. C’est dans ce cadre que les nouveaux contrats définissent dans les grandes lignes les conditions d’approvisionnement du terminal gazier polonais de Świnoujście, en mer Baltique, depuis plusieurs terminaux gaziers en construction au Texas et en Louisiane : Port Arthur, Calcasieu Pass LNG et Plaquemines LNG.
 

La Pologne veut remplacer le gaz russe par du gaz américain et du gaz norvégien

 
Les deux accords signés pour une durée de vingt ans prévoient des livraisons à partir de 2023, soit après l’expiration du contrat en vigueur entre la PGNiG et le Russe Gazprom. Les deux contrats américains signés par la Pologne portent chacun sur des quantités pouvant atteindre 2 millions de tonnes de GNL par an, ce qui, après reconversion du liquide en gaz donnera environ 5,5 milliards de mètres cubes en tout. La consommation annuelle de la Pologne est actuellement d’environ 16 milliards de mètres cubes et elle devrait augmenter à 21 milliards au cours des deux prochaines décennies, selon les prévisions du ministère polonais de l’Energie.
 

Les contrats signés avec Gazprom avant la construction du terminal gazier de Świnoujście étaient très désavantageux pour la Pologne

 
Le Polonais PGNiG se plaint depuis longtemps des prix qu’il doit payer pour le gaz russe, parmi les plus élevés en Europe, ainsi que des conditions qui lui ont été imposés par Gazprom a une époque où le terminal gazier de Świnoujście n’existait pas encore et où la Pologne était donc dépendante du gaz russe pour près des trois quarts de sa consommation, le reste provenant des gisements polonais. Le 21 novembre dernier, la compagnie polonaise annonçait son premier contrat pluriannuel pour la fourniture de GNL américain. Le projet de gazoduc russo-germanique Nord Stream 2 incite lui aussi la Pologne à ne plus vouloir dépendre du gaz russe puisque le gazoduc qui traverse son territoire ne sera plus nécessaire à Gazprom pour fournir ses clients en Europe occidentale. Le gaz pourrait alors facilement devenir un puissant instrument de chantage entre les mains du Kremlin.
 

Le projet de gazoduc Nord Stream 2 pousse la Pologne à renoncer au gaz russe pour privilégier le GNL américain

 
Outre le terminal gazier de Świnoujście qui lui permet d’importer du gaz liquéfié du monde entier, Varsovie compte sur le projet de gazoduc Baltic Pipe entre le Danemark et la Pologne pour s’approvisionner en gaz norvégien. D’autres projets prévoient de développer les connexions par gazoduc entre la mer Baltique, la mer Adriatique et la mer Noire, dans le cadre de l’Initiative des Trois mers, afin de promouvoir la diversification des fournitures de gaz pour l’ensemble des anciens pays satellites de l’URSS en Europe. PGNiG prévoit en effet de revendre à ses partenaires d’Europe centrale et orientale une partie du gaz importé par le terminal gazier de Świnoujście et par le gazoduc Baltic Pipe. La compagnie gazière polonaise, mettant à profit l’expérience acquise dans les gaz de schiste, cherche aussi à développer l’extraction de méthane à partir des gisements de charbon polonais.
 
Les nouveaux contrats de PGNiG avec Port Arthur LNG et Venture LNG ont été signés à la World Gaz Conference qui se déroule en ce moment à Washington.
 

Olivier Bault