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Pour Poutine, le pacte germano-soviétique n’avait rien de répréhensible

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Vladimir Poutine a déclaré lors d’une rencontre avec de jeunes historiens que le pacte germano-soviétique, qui a permis notamment le partage de la Pologne entre Moscou et Berlin au début de la Seconde Guerre mondiale, n’avait rien de répréhensible, rapporte le correspondant du Daily Telegraph à Moscou.
 
Encourageant les étudiants moscovites à se pencher sur les faits qui ont mené au déclenchement du conflit mondial, le président russe a affirmé que les historiens contemporains tentent de « passer sous silence » les accords de Munich qui entérinèrent l’occupation des Sudètes en Tchécoslovaquie. Neville Chamberlain prétendait « apporter la paix ». Churchill déclara : « Voilà, maintenant la guerre est inévitable ».
 
Mais pour Poutine le pacte germano-soviétique conclu un an plus tard, en 1939, était tout ce qu’il y a de plus normal. « La recherche sérieuse doit montrer que c’étaient là les méthodes de la politique étrangère de l’époque. L’Union soviétique a signé un pacte de non-agression avec l’Allemagne. Les gens disent : « Ach, c’est mal. » Mais où est le mal si l’Union soviétique ne voulait pas se battre, qu’y a-t-il de mal à cela ? »
 

Le pacte germano-soviétique tantôt répréhensible tantôt pas

 
Les protocoles secrets attachés au pacte germano-soviétique, par lequel les nazis et les communistes se mettaient d’accord pour répartir la Finlande, les Pays Baltes, la Roumanie et la Pologne dans leurs sphères d’influence, n’ont été officiellement reconnus par le Kremlin qu’en 1989. Ce partage qui allait culminer avec le massacre de Katyn perpétré par les Soviétiques en 1940.
 
Aujourd’hui, il semble que Vladimir Poutine veuille de nouveau remettre en cause la réalité de ce partage : « On se dispute toujours à propos du pacte Molotov-Ribbentrop et on accuse l’Union soviétique d’avoir divisé la Pologne. »
 
Pas plus tard qu’en 2009, le même Poutine qualifiait le pacte germano-soviétique d’« immoral », accusant cependant la France et le Royaume-Uni d’avoir anéanti toutes les chances de construire un front commun anti-fasciste (avec la Russie ?) en signant les accords de Munich. Tout dépend des besoins de communication du moment. Et le maître du Kremlin a parfaitement compris l’obsession de l’Occident quant aux « heures les plus sombres de notre histoire » et sur quelles cordes jouer afin de brouiller au mieux les esprits : aussi décrète-t-il tantôt que le pacte germano soviétique répréhensible, tantôt qu’il ne l’est pas.
 
Il faut rappeler qu’en Occident, c’est bien le pacte Molotov-Ribbentrop qui est généralement passé sous silence, pour mieux éviter de condamner le communisme.