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Poutine inaugure un pont énergétique entre la Russie et la Crimée

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Vladimir Poutine rencontre le personnel de la compagnie électrique Krymenergo à Simféropol (Crimée) le 2 décembre 2015.


 
La Crimée était privée d’électricité depuis fin novembre depuis le sabotage des lignes à haute tension qui l’alimentaient depuis l’Ukraine. Vladimir Poutine a lui-même fait le déplacement à Simféropol, mercredi soir, pour une visite surprise au cours de laquelle le président russe a inauguré la construction d’un pont énergétique entre la Russie et la péninsule que sépare l’Ukraine.
 
Les travaux étaient prévus mais ont été accélérés ; la venue de Poutine a coïncidé avec la mise en service d’une première ligne sous-marine qui était originellement programmée pour le 20 décembre, et dont la pleine capacité de 200 mégatwatts devrait être atteinte en janvier. Véritable opération de « com » puisque c’est en direct et à la télévision que le président russe a « rallumé » l’électricité, provoquant une avalanche de tweets de satisfaction.
 

Poutine éclairant le monde… Ou en tout cas la Crimée, privée d’électricité

 
Ce sera le début de « l’indépendance énergétique » pour la Crimée par rapport à l’Ukraine, a indiqué le vice-Premier ministre prorusse de Crimée, Rouslan Balbek : Poutine l’a promise pour 2017 ou 2018, avec un apport en énergie plus important que celui fourni jusqu’ici par l’Ukraine.
 
La construction d’une seconde ligne de 300 mégawatts supplémentaires est prévue d’ici au 15 décembre, même si Poutine a averti les habitats de Crimée que quelques difficultés de mise en service restaient à prévoir.
 

Le nouveau pont énergétique inauguré mercredi assure l’approvisionnement de la Crimée par la Russie

 
Les dégâts causés par le sabotage du 22 novembre, lorsque des explosions non revendiquées ont endommagé quatre pylônes de lignes à haute tension, n’ont pu être réparés, en raison du blocage des routes entre l’Ukraine et la Crimée par des militants tatares, selon Kiev. Une bonne part des 2 millions d’habitants de Crimée avaient été plongés dans le noir ; la Russie avait acheminé 300 générateurs mais la situation restait difficile.
 
Le différend énergétique a conduit à des accusations réciproques, la Russie accusant Kiev de terrorisme et l’Ukraine désignant à son tour la minorité musulmane tatare de Crimée qui, elle, menace désormais de porter son action en mer.
 

Anne Dolhein