PSG champion I : incivilités du foot ou révolution française ?

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Au commencement il y eut la Saint-Sylvestre. Les premiers feux s’allumèrent dans la nuit. De joie. De haine. De transgression. D’ennui. De voitures. Les services de police – ainsi dit-on dans les médias comme il faut – prirent l’habitude de compter le nombre de véhicules, d’abribus et de poubelles incendiés pour mesurer d’évolution d’année en année. On rangea le phénomène dans la catégorie des « incivilités », et on nomma ses auteurs, un temps des « sauvageons », ou des jeunes. Et puis il y eut les coupes du monde de foot. D’Europe. D’Afrique. Pas d’Asie, ni de rugby. Quand le PSG, dans lequel le Quatar a mis tant d’argent, est champion d’Europe, cela déchaîne une passion que la République française, ses médias et ses politiques encouragent. Au bilan, cette année, 57 policiers blessés, au moins un mort, 780 gardes à vue. Or ce phénomène ordinaire sinon anodin est exclusivement français, par son ampleur et sa récurrence : il est donc nécessaire de se demander pourquoi. C’est, à y bien regarder, une véritable révolution qui est en marche.

 

PSG champion ou pas, le foot, prétexte à la haine anti-française

« Il n’y a qu’en France où la victoire d’un club de foot provoque des émeutes », a noté sur X Marine Le Pen. Et elle a observé : « Il n’y a qu’en France où chacun se sent obligé de s’enfermer chez soi un soir de victoire pour éviter d’être confronté à des violences. » Si la syntaxe est discutable, le fait est exact. L’ordre impérial britannique exige la paix chez toutes les communautés qui le composent, l’ordre fédéral allemand demande la même chose à ses Länder, y compris le dix-septième, le Land immigration. Seule la République française, sous le prétexte décevant de liberté, a laissé proliférer une culture du désordre. Au départ, c’était dans les belles illusions de l’intégration : l’équipe de France black-blanc-beur de 1988 entendait incarner la nation, donc rassembler ses supporters au-delà de leurs différences. Aujourd’hui, nous acceptons même la violence des autres, et nous la conjuguons à celle des « nôtres ». Deux exemples, la rencontre entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso en coupe d’Afrique des Nations a provoqué des émeutes anti-policiers dans toutes les métropoles françaises le 6 janvier 2026. Le 27 mai 2022, pour la final de l’Euro Liverpool-Real Madrid, des bandes venues de banlieue avaient attaqué et pillé les supporters au couteau.

 

On ne fête pas le foot, on chasse la police française

Les dernières images de samedi dernier semblent confirmer partout sur le territoire de la République française une même attaque contre la police et la gendarmerie. On sait que depuis longtemps, dans des quartiers dits « populaires » ou « de non droit », la présence des policiers se trouve interdite de fait, et, par extension, celle des pompiers, des facteurs, des employés du gaz et de l’électricité, bref, de tous les hommes en bleu qui, d’une certaine manière, représentent l’Etat, la République, la présence française. Le chroniqueur Eric Naulleau a parlé de « séparatisme » et affirmé qu’une partie de la population entendait « s’opposer » à l’autre, utilisant les feux d’artifice comme des armes par destination et visant « systématiquement » la police.

 

Sous les incivilités, une révolution de la République française

Il en déduit qu’il s’agit d’une « conquête de territoire », d’un début de guerre, qui ne relève pas de la même menace que des rixes ordinaires et doit donc être combattue par une doctrine différente. Et les syndicats de police, en première ligne dans cette affaire, commencent à demander une « réponse judiciaire » qui leur permette d’exercer moins dangereusement et plus efficacement leur métier. Voilà donc une réponse schématique à la première question qui se posait : pourquoi l’exception française de l’émeute accompagnant systématiquement la « fête sportive » (ou autre) ? Elle en appelle évidemment une autre : quelle doctrine mettre en œuvre pour y mettre fin ? Et donc, quelles conditions juridiques, donc politiques, la rendraient possible ?

 

Pauline Mille