fbpx

Inquiétude en Russie : des médias chinois évoquent la possibilité pour la Chine d’annexer une partie de la Sibérie

Russie Chine Sibérie
 
En Chine, des médias se permettent d’évoquer avec une envie non dissimulée les territoires vides de la Sibérie et de l’extrême-orient russe. L’Empire du Milieu étant une dictature communiste, il est plus que probable que ces élucubrations sur une possible extension territoriale de la Chine aux dépens de la Russie soient publiées à l’instigation ou au moins avec la bénédiction des autorités. Même s’il n’y est pas question d’une possible invasion militaire, le simple fait que des articles chinois se penchent sur la présence aux frontières de la Chine de vastes territoires dépeuplés, riches en matières premières et avec de grands atouts stratégiques, « ne peut qu’inquiéter et même terrifier le public russe », estime le journal moscovite Moskovski Komsomolets qui tire à près d’un million d’exemplaires, selon sa fiche Wikipedia.
 

L’est de la Sibérie, des terres « éloignées de la Russie et proches de la Chine »

 
Le journal russe s’intéresse tout particulièrement à un article paru le 5 novembre sur le site Internet du groupe médiatique chinois Phoenix Television. Dans cet article, l’auteur s’interroge sur la question de savoir si ces terres « éloignées de la Russie et proches de la Chine » sont « perdues pour toujours » pour l’Empire du Milieu, avec en illustration d’anciennes cartes de l’époque où l’empire chinois s’étendait plus loin au nord que l’actuelle République populaire de Chine. L’article en question fait remarquer que la Russie, avec ses vastes territoires, n’a que 146 millions d’habitants, soit 9 habitants au kilomètre carré en moyenne et 1 habitant au kilomètre carré en Sibérie, dont des régions entières de l’Est qui sont quasiment désertes. Séparé de la partie européenne de la Russie par l’immense Sibérie, l’extrême-orient russe est qualifié d’enclave par le site chinois.
Côté chinois, il y a désormais presque 1,5 milliards d’habitants et, traduit le Moskovski Komsomolets, ceux-ci « sont injustement obligés de se serrer à l’intérieur de leur Etat » alors qu’il y a ces grands territoires vides juste à côté.
 

Un chantage de la Chine contre la Russie au cas où celle-ci envisagerait de se rapprocher des États-Unis ?

 
Pour le site polonais Jagiellonia.org qui se spécialise dans l’actualité d’Europe centrale et orientale, Russie comprise, en autorisant la publication de tels articles, le régime chinois cherche probablement à mettre en garde Moscou contre un éventuel rapprochement avec Washington. Steve Bannon, l’ancien conseiller spécial de Donald Trump, préconise un tel rapprochement, et l’auteur de Jagiellonia.org estime que l’administration de l’actuel président américain veut convaincre la Russie d’être du côté des États-Unis face à la Chine. En tolérant ou en encourageant ce type d’articles, Pékin signale à Vladimir Poutine qu’en cas de retournement d’alliance, la Chine pourrait annexer des territoires quasi-déserts (ou peuplés d’immigrants chinois) en Sibérie. L’auteur polonais signale aussi des informations données par les médias chinois sur la construction de routes d’accès près de la frontière avec la Fédération russe. Construites en béton, ces routes pourraient permettre le passage de matériel militaire lourd.
 
Or malgré son outil militaire très performant, la Russie fait de plus en plus figure de nain face à la montée de la superpuissance chinoise. C’est pourquoi, de l’avis de l’auteur de Jagiellonia.org, sa politique de confrontation avec l’Occident et de rapprochement avec la Chine est suicidaire.
 
Olivier Bault