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La dénonciation du réchauffement par Laudato si’ a la même autorité magistérielle que la condamnation de l’avortement, dit Sánchez Sorondo

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Mgr Marcelo Sánchez Sorondo (à gauche) et le P. Robert Sirico (à droite) lors de la conférence à l’Acton Institute le 3 décembre dernier.


 
Le 3 décembre dernier, s’est tenue à l’Université pontificale de la Sainte Croix de Rome une conférence de l’Acton Institute sur le thème : « En dialogue avec Laudato si’ : les marchés libres peuvent-ils nous aider à prendre soin de notre Maison commune ? » C’est à cette occasion que l’évêque argentin Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales, a suscité de vives réactions dans l’auditoire de quelque 200 personnes, en affirmant que « pour la première fois dans le Magistère, (le pape François) dénonce les causes scientifiquement identifiables de ce mal, en affirmant que “de nombreuses études scientifiques signalent que la plus grande partie du réchauffement global des dernières décennies est due à la grande concentration de gaz à effet de serre principalement d’origine anthropique.” »
 

Réchauffement climatique, avortement : une condamnation magistérielle équivalente

 
Ces propos ont été immédiatement contrecarrés par le président-fondateur de l’Acton Institute, le P. Robert Sirico, qui souligna alors l’importance de « la distinction entre la dimension théologique de Laudato si’ et ses assertions empiriques, scientifiques et économiques ». Et d’expliquer que « l’Eglise ne prétend pas parler avec la même autorité en matière d’économie et de sciences (…) que lorsqu’elle se prononce en matière de foi et de morale. »
 
En outre le P. Sirico a rappelé, citant le Compendium de la doctrine sociale catholique : « Le Christ n’a pas laissé à l’Eglise une mission dans l’ordre politique, économique ou social ; le but qu’il lui a assigné est religieux… Cela signifie que l’Eglise n’intervient pas dans les questions techniques avec sa doctrine sociale, pas plus qu’elle ne propose ni n’établit des systèmes ou des modèles d’organisation sociale. Cela ne fait pas partie de la mission qui lui a été confiée par le Christ. »
 
Pour le Frère Joseph Fessio, fondateur de Ignatius Press, « ni le Pape, ni Mgr Sorondo ne peuvent s’exprimer d’autorité sur les questions de sciences, de sorte que l’utilisation du mot “Magistère” dans les deux cas est au mieux équivoque, mais relève de l’ignorance dans tous les cas ». « Mettre au même niveau la position du souverain pontife sur l’avortement et celle sur le réchauffement climatique est plus que faux ; c’est gênant pour l’Eglise ».
 

Mgr Sánchez Sorondo donne autorité magistérielle à l’enseignement scientifique de “Laudato si’”

 
Pour sa part, le journaliste Riccardo Cascioli a objecté que les catholiques n’avaient pas à se soumettre à des affirmations qui relèvent de « théories scientifiques » plutôt qu’à celles relatives « la foi et la morale ». Ce à quoi Mgr Sorondo a répondu : « « Lorsque le pape a pris cela à son compte, il s’agit du magistère de l’Eglise que cela vous plaise ou non – c’est le magistère de l’Eglise tout comme l’avortement est un péché grave – égal (c’est la même chose)… C’est le magistère de l’Eglise… Que cela vous plaise ou non. »
 
Par ses déclarations tonitruantes, Mgr Sorondo oppose un mur face à la remise en cause de la théorie du réchauffement climatique, comme en atteste encore sa réponse à Cascioli qui faisait valoir que les catholiques pouvaient suivre ce que leur conscience leur dictait en matière de théories scientifiques : « Si vous étiez scientifique et que vous aviez une différence sérieuse d’opinion », alors oui, « mais puisque vous êtes journaliste il vaut mieux que vous suiviez l’opinion du pape » !
 
Les participants auront compris que l’on a affaire ici à une nouvelle religion du climat.
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle