Shell quitte la France : ce que ça veut dire

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Ce n’est pas un scoop, les pétroliers veulent gagner de l’argent. Shell en gagnait avec ses stations en France (108,5 millions d’euros en 2025), mais pas assez selon son nouveau patron Wael Sawan, qui se recentre sur le gaz naturel liquéfie, il vient de racheter ARC Ressources, groupe canadien, pour 16,4 milliards de dollars. Alors il s’allège sur d’autres points, notamment en Europe et en France, où la fiscalité et la paperasse sont contraignants. Il abandonne en particulier des projets de bornes de recharge électrique et les carburants durables pour l’aviation : en somme il se recentre sur les carburants fossiles, son cœur de métier, qui représentent 80 % de l’énergie mondiale. Mais alors pourquoi ce retrait de la distribution française ? Parce que le système est compliqué et les marges minces : 65 % du marché est occupé par les hypermarchés, ce qui réduit la part des opérateurs traditionnels – lesquels font la plus grosse part de leur profit non sur l’essence mais sur les commerces annexes, restauration, cafés boutiques. Ensuite, le gros des stations Shell étaient obtenues en concession de groupes autoroutiers, ce qui suppose des contrats contraints dans le temps et une mauvaise visibilité des investissements. 40 % des stations-service pourraient être remises en concurrence d’ici à 2028. La société pétrolière lance donc un message clair : avec la France, Shell abandonne un monde compliqué où l’on fait peu d’argent.