Jeune, jolie, pleine d’idéal (désorienté), étudiante douée en cursus de géographie à Swansea University, la Britannique Georgina Owen est morte à l’âge de 21 ans en 2019, trois ans après s’être engagée dans le véganisme. Son parcours, né de ses inquiétudes environnementales, s’est achevé par son suicide. Elizabeth Gray, l’officier de justice ou « coroner » de la région de Cambridge et Peterborough, a déclaré au moment de l’enquête préliminaire que la mort que la jeune fille était « probablement » liée à des croyances délirantes consécutives à un manque de vitamine B12 résultant directement de son régime végane.
Des analyses sanguines post-mortem ont confirmé sa déficience en vitamine B12, qui avait probablement résulté de son régime végane, ont déclaré les experts. Cette vitamine est apportée principalement par la viande (et spécialement les abats), le poisson, les fruits de mer, les œufs et les produits laitiers, et en tout cas des produits d’origine animale que Georgina Owen se refusait à manger.
Régime vegan, déficience de vitamine B12 et suicide
Normalement, les personnes qui suivent un régime végane prennent des suppléments de cette vitamine. Mais la famille de la jeune femme s’est rendue compte, en août 2019, qu’elle n’avait pas pris ses suppléments depuis au moins six mois. Elle répondait alors qu’elle avait « oublié » de les prendre et assurait qu’elle avait commandé de la vitamine B12 bio au Canada. Elle comptait en prendre 1 mg par jour, ce qui reste en deçà des besoins quotidiens d’une personne adulte, soit 1,5 mg.
A cette même période, la famille de l’étudiante observait qu’elle avait un comportement de plus en plus irrationnel. Ils ont pu produire, au moment de l’enquête sur sa mort, son journal intime qui attestait de la détérioration de sa santé mentale dans les jours ayant immédiatement précédé son décès. Estimant qu’elle avait besoin d’être soignée, ses parents avaient l’intention de la ramener chez eux au Pays de Galles afin qu’elle puisse y poursuivre ses études dans de meilleures conditions. Elle devait cependant retourner à l’université de Swansea le 19 septembre 2019 et avait même organisé un week-end de surf dès la rentrée. C’est alors qu’elle s’est pendue ; retrouvée inconsciente dans sa chambre, elle devait mourir deux jours plus tard.
Victime d’un manque de vitamine B12, peut-être ? Il est vrai que de telles déficiences ont des conséquences directes sur le psychisme et peuvent expliquer des tendances suicidaires.
Causalité des pensées délirantes sur fond d’écologisme
Mais il est clair aussi qu’elle a été profondément atteinte par le discours écologiste. Dans la période qui a précédé sa mort, affirme sa famille, elle s’inquiétait beaucoup de l’état du monde et se demandait quelle y était sa place. Elle s’adonnait fréquemment à la méditation (on suppose qu’il s’agissait de la méditation pleine conscience et non de la méditation religieuse chrétienne classique) et elle avait raconté aux siens qu’en une occasion, elle avait eu une expérience extracorporelle qui l’avait beaucoup angoissée.
Tant Georgina Owen que ses parents en avaient conclu qu’elle souffrait d’anxiété et qu’elle devait se faire soigner pour cela. Avant de porter atteinte à sa propre vie, la victime a laissé une lettre dont Elizabeth Gray a déclaré qu’elle pouvait être liée à la une maladie mentale. En tout cas, elle s’inscrivait dans un tableau général de troubles cognitifs, d’anxiété, de difficultés à prendre des décisions simples et de fatigue, tous symptômes que ses parents avaient observés pendant les semaines précédant sa mort, tandis que sa lettre d’adieu exprimait des convictions délirantes.
Voilà qui révèle certains problèmes inhérents au régime végan, mais pas seulement… Cette mort ne serait-elle pas plutôt le résultat d’une préoccupation excessive à l’égard de la planète, largement nourrie par un discours médiatique et politique omniprésent, tandis que la dimension religieuse, avec le choix de pratiques en soi dangereuses, semble avoir joué ici un rôle non négligeable ?











