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Le texte du Traité transpacifique enfin publié : le TPP est modelé sur l’Union européenne

http://www.thenewamerican.com/usnews/congress/item/21902-secret-tpp-text-released-gop-to-push-obama-s-dangerous-trade-deal
 
Après des années de négociations secrètes, l’administration Obama a enfin publié le texte du Traité transpacifique (TPP), qualifié ostensiblement d’accord sur le commerce. En réalité, le « Trans-Pacific Partnership » vise une « intégration » économique et politique parmi ses membres, exactement de la même manière que le Marché commun européen s’est progressivement transformé en Union européenne, avec les mêmes astuces institutionnelles. C’est au moyen de structures de gouvernance régionale et de procédures prévues d’emblée que ce nouveau « super-Etat » est en train de se modeler. L’objectif n’est pas explicite mais les pions sont en place, notamment à travers les procédures de règlements de conflits et l’étendue pour ainsi dire universelle des domaines économiques auquel il touche : cette unification économique ne peut pas faire… l’économie du politique et de la fiscalité, comme l’a montré le « modèle » européen.
 
Et comme nous l’écrivions hier, le TPP vise plus loin que son périmètre actuel : aujourd’hui, 12 pays sont en négociations – Etats-Unis, Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Nouvelle Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam – mais la Russie et la Chine ont d’ores et déjà été sollicitées.
 

Le texte du Traité transpacifique, enfin publié, annonce sa volonté d’extension régionale

 
Cette volonté d’élargissement est annoncée dès le préambule : il s’agit de « promouvoir l’intégration économique » et d’« étendre le partenariat en encourageant l’accession d’autres Etats ou de territoires douaniers afin d’améliorer l’intégration économique régionale et de créer les fondations d’une nouvelle zone de libre-échange de l’Asie Pacifique ».
 
Le Traité se veut d’ailleurs « catalyseur en vue d’une coopération régionale et internationale plus étendue ».
 
Il couvre l’ensemble de l’activité économique, y compris les marchés publics, l’investissement et les services, ainsi que la propriété intellectuelle.
 
The New American met en garde contre les multiples « chevaux de Troie » contenus dans le Traité transpacifique. Que ce soit par le biais des procédures et des instances mises en place pour la résolution de conflits ou les exonérations du droit local prévues en faveur des entreprises étrangères – on pense au plombier polonais ! – le TPP contient en germe de multiples abandons de souveraineté dont les Américains sont les premiers à s’inquiéter, envers et contre ceux qui les gouvernent. Le texte se veut « vivant » et « évolutif », il a été négocié en secret (comme les accords de Schengen qui n’ont pas précisément bonne presse aujourd’hui) et comme l’Union européenne, il prévoit des moyens d’ouvrir les vannes à l’immigration massive. Il faut ajouter à cela le fait que, très naturellement, le TPP a l’entier soutien des organisations les plus ouvertement mondialistes.
 

Comme son modèle, l’Union européenne, le TPP vise l’unification supranationale

 
Comme dans les pays de l’UE où l’opposition à l’intégration européenne est marginalisée, le TPP dispose, aux Etats-Unis, du soutien de larges pans de la classe politique : le président Obama peut compter dans ce dossier sur le soutien non seulement de Démocrates – pas tous ! – mais aussi de nombreux responsables républicains, à commencer par le nouveau président de la chambre, Paul Ryan. Les réseaux fonctionnent aussi en faveur de la ratification du Traité : d’influents élus, tels Kevin Brady, font partie du Transatlantic Policy Network, réseau discret au sein duquel évolue Peter Sutherland, ancien de Goldman Sachs et des réunions de la Trilatérale et de Bilderberg.
 
Tandis qu’un traité similaire se met en place entre les Etats-Unis et les riverains de l’Atlantique ; tandis que la Russie s’engage avec ses voisins dans la constitution d’une Union économique eurasienne calquée elle aussi sur l’Union européenne, on ne peut qu’être frappé par le caractère très généralisé de cette « régionalisation » qui loin de créer des blocs opposés, les imbrique les uns dans les autres.
 

Anne Dolhein