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Wikileaks : les interactions troubles entre Hillary Clinton, son chef de campagne et la Clinton Foundation lors de la vente d’uranium à la Russie

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Wikileaks continue sa publication de courriels compromettants pour Hillary Clinton, levant le voile notamment sur des messages piratés sur le compte de John Podesta, président de campagne de l’ex-Première dame des États-Unis. On apprend que de hauts responsables de l’équipe de campagne avaient été alertés directement par un vice-président de premier plan de la Clinton Foundation de la demande du président de la commission judiciaire du Sénat des États-Unis au Département de la justice d’enquêter sur le feu vert donné par le Département d’État, alors dirigé par Hillary Clinton, à la vente de ressources d’uranium américaines à une société russe.
 
Les courriels révèlent l’interaction habituelle et rapprochée entre les membres de l’équipe de campagne et la Fondation Clinton, à l’occasion de ce « deal » réalisé en un temps record, le tout en lien avec le Département d’Etat à travers Mme Clinton.
 

Le chef de campagne de Hillary Clinton, John Podesta, et le deal sur l’uranium

 
Le sénateur Charles Grassley, de la commission judiciaire, écrivait le 30 juin 2015 une lettre s’interrogeant sur la rapidité avec laquelle la transaction avait été approuvée par le Département d’État, malgré la haute importance de l’affaire et le fait qu’elle portait sur près de 25 % des réserves d’uranium des Etats-Unis, demandant des éclaircissements.
 
Aussitôt, un e-mail de Maura Pally, responsable de la communication de la Clinton Foundation, alertait John Podesta et quelques autres proches de Hillary, histoire de mettre l’information « sur tous leurs radars » et de préciser que l’équipe de communication de la future candidate serait contactée elle aussi pour qu’elle soit au courant. Podesta faisait aussitôt suivre le courriel à l’ancienne directrice des communications de Barack Obama, Jennifer Palmeira, qui venait de rejoindre la campagne Clinton, et à quelques autres membres de l’équipe.
 

Russie, Etats-Unis, Clinton Foundation : des liens troubles

 
On sait qu’à l’époque une société a bénéficié d’un investissement à hauteur de 35 millions de dollars de la part d’une société russe, Rusnano, très proche de Poutine, dont le FBI assurait pourtant en 2014 qu’elle cherchait à voler des technologies et autres propriétés intellectuelles américaines, alors que John Podesta venait tout juste d’entrer dans son conseil d’administration.
 
La lettre de Grassley faisait part d’inquiétudes importantes. Elle rappelait que le 23 avril dernier le New York Times avait révélé de nombreux détails relatifs au lien entre la Fondation Clinton et nombre d’investisseurs impliqués dans la transaction commerciale qui a abouti à l’acquisition d’Uranium One par Atomredmetzoloto (ARMZ), filiale de Rosatom, une société publique russe. Cela pose des questions de sécurité nationale évidentes puisqu’il s’agissait de céder, de fait, 20 % de la capacité de production d’uranium des Etats-Unis au gouvernement russe.
 

Wikileaks met en cause Hillary Clinton : le bruit médiatique demeure modéré

 
Ce sont ces questions de sécurité nationale qui ont conduit la commission sur l’investissement étranger aux États-Unis (CFIS) à mener une enquête : est membre de droit de cette commission le secrétaire d’Etat, Hillary Clinton donc à l’époque des faits, tandis que la présidence est assurée par le Trésor. Au cours des phases les plus critiques de l’approbation publique de l’acquisition, des partis à l’affaire ont fait d’importants dons, dont certains atteignant plusieurs millions de dollars, à la Fondation Clinton. Cela pose au moins une question de « transparence », soulignait alors Grassley.
 
Et il posait des questions dures : « Le risque des conflits d’intérêt était si important, alors que Hillary Clinton été secrétaire d’État, que la Clinton Foundation et l’administration Obama ont établi un mémorandum d’entente qui exigeait notamment la mise au jour des donations. Mais des millions de dollars de dons faits à la Fondation Clinton par des responsables ayant un intérêt dans la transaction Uranium One/ARMZ qui n’ont jamais été révélés, au mépris de l’accord. »
 
 Suivait une liste de points précis mettant directement en cause Mme Clinton.
 
Le branle-bas de combat dans son équipe de campagne devait suivre aussitôt. Preuve qu’elle tenait l’affaire pour grave…
 

Anne Dolhein