Barrot et Kushner élus pires diplomates de l’année ?

Barrot Kushner pires diplomates
 

Les rapports entre Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères et Charles Kushner, ambassadeur des Etats-Unis en France, sont dignes d’un mauvais vaudeville. Rien ne les désignait à s’occuper de diplomatie. Diplômé d’une école de commerce ayant fait sa carrière au Modem, Barrot doit son entrée en 2024 au Quai d’Orsay au bon plaisir d’Emmanuel Macron, et Charles Kushner, repris de justice, n’a d’autre mérite à faire valoir que celui de père du gendre de Donald Trump, Jared Kushner.

Ce drôle d’ambassadeur s’était fendu en août dernier d’une déclaration tout à fait inadmissible sur la politique française : rappelé à l’ordre et convoqué au Quai d’Orsay, il avait prétexté un séjour à l’étranger pour y échapper. Cette fois, il donne une opinion aimable, mesurée et protocolaire sur le meurtre de Quentin, et Barrot prend la mouche de façon grotesque, mettant en cause hors de propos une « instrumentalisation » des faits par un mystérieux « mouvement réactionnaire international ». Il reconvoque Kushner qui se défile une nouvelle fois.

Les deux sont nuls, Barrot de monter ses grands chevaux, mais Kushner plus encore de ne pas bouger, ce qui montre un mépris abyssal tant pour les usages que pour le pays auprès duquel il est accrédité. Là-dessus, Barrot se discrédite un peu plus en « sanctionnant » ainsi son grossier interlocuteur : « Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ayant l’honneur de représenter son pays, le ministre a demandé à ce qu’il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français. »

Diable ! Nous avons beaucoup perdu depuis Talleyrand. Le Quai d’Orsay rédige désormais en serbo-croate, comme n’importe quelle administration régionale. Et le fait de ne plus discutailler avec les ministres du gouvernement Lecornu doit être une terrible punition pour Kushner ! On nage en plein ridicule. La France est tombée au niveau de la Grande Duchesse de Gérolstein. Et les Etats-Unis assument leur rôle de maître du monde avec la finesse d’un maffioso enrichi.