Après l’Ecole alsacienne, l’Alsace alsacienne : Gabriel Attal virerait-il identitaire ?

Alsace alsacienne Attal identitaire
 

Parmi les innombrables ridicules et ratés de François Hollande, on comptera la réforme des régions. La loi NOTRe de 2015 n’a pas rendu plus efficace ni moins coûteux notre mille-feuille institutionnel, mais a éloigné un peu plus les nouvelles grandes régions qu’elle découpait à la fois de la réalité historique de la géographie politique française et les Français de leurs institutions. En particulier, la création ex nihilo de la région Grand Est a exaspéré tant les Alsaciens que les Lorrains ou les Ardennais. Comme le député centriste Gabriel Attal a entendu parler de l’Alsace, ayant été pouponné à l’Ecole alsacienne, il a promu un projet visant à la faire sortir de l’usine à gaz Grand Est, au nom d’une « consultation citoyenne » menée en 2022, qui a donné 92 % de oui à un retour à la dénomination administrative Alsace. Dans l’esprit de l’ancien Premier ministre, cela ne mangeait pas de pain et pouvait lui valoir une réputation flatteuse d’homme proche du peuple. Pas de chance, il vient de se faire remonter les bretelles par une dizaine de présidents de région dont Franck Leroy, le président de la région Grand Est, Valérie Pécresse, Carole Delga et Xavier Bertrand. Ils voient dans son projet « une faute institutionnelle, politique et historique », le texte correspondant « parfaitement, pour ne pas dire au mot près, aux exigences de l’extrême-droite qui a fait du démantèlement des régions l’un de ses chevaux de bataille ».