Dans la Silicone Valley, science et idéologie pro-choix produisent l’eugénisme soft

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Depuis toujours l’humanité préfère les beaux bébés aux souffreteux ou aux difformes. Cela n’a rien de répréhensible. Eugène signifie bien né. Mais cela peut vite glisser. Grecs et Romains exposaient les enfants mal venus. L’Eglise a supprimé cette barbarie. Au vingtième siècle, la science et l’idéologie ont étendu le domaine de l’eugénisme, notamment aux Etats-Unis et dans l’Allemagne nazie. Aujourd’hui, la Silicon Valley en donne un visage futuriste et plus soft. Une start-up spécialisée dans « l’optimisation génétique » promet aux parents, par sa publicité dans le métro de New-York, le meilleur des bébés possibles (« Have your best baby »). C’est l’aboutissement de l’idéologie pro-choix : l’eugénisme procède de la même « liberté de choix » que l’avortement et l’euthanasie. Tous s’opposent frontalement à la vie, à la nature, à Dieu.

 

« Optimisation génétique » : plus soft que l’eugénisme

France 2, cela arrive, offre une vidéo intéressante sur une mode qui prend de l’ampleur aux Etats-Unis, la possibilité de choix offerte aux parents pour leur bébé. Il ne s’agit pas d’en faire de grands garçons blonds dans un uniforme noir avec runes comme du temps d’Hitler, mais la start-up qui s’en occupe promet des enfants intelligents et débarrassés de gènes morbides, par exemple prédisposant au cancer. Comment ? Par « optimisation génétique ». C’est plus chic et plus fort. Un chercheur, ou un communicateur, en blouse blanche explique que l’on « sélectionne les meilleurs profils ». Ainsi les couples ont-ils le meilleur panel de choix. Tous les couples : on est moderne et arc-en-ciel. Les couples gays, lesbiens, trans, non binaires et même hétérosexuels. Rien n’est dit pour l’instant à propos des trouples. Pour le responsable interrogé, l’intervention de l’Etat est le seul risque de dérive, et son entreprise offre la meilleure liberté de choix.

 

La Silicon Valley combine science et idéologie pro-choix

On a vu en effet sous le Troisième Reich le danger d’un Etat totalitaire qui promeut l’eugénisme. Cela s’accompagnait d’une tentative d’éliminer, en toute logique, les imparfaits, les handicapés. Il y eut ce qu’on nomme l’Opération T4, qui prévoyait de les gazer. Elle fut heureusement interrompue peu après sa mise en route sur intervention de l’Eglise catholique, qui s’y opposa de toutes ses forces. Léon XIV a récemment condamné l’illusion de la perfection des corps : c’est elle qui inspire à la fois l’eugénisme et l’euthanasie. Bonne naissance et bonne mort sortent de la même matrice humaniste. Dans l’Allemagne nazie, l’Etat l’imposait ; dans la Silicon Valley, la liberté de choix le permet. Le résultat est le même. L’expérience prouve en effet que, sans aucune intervention de l’Etat, l’assassinat des bébés qui ne correspondent pas à la perfection que choisissent leurs parents se pratique massivement en Asie. La science le permet : en Inde, par exemple, de très nombreuses femmes choisissent d’avorter après une ponction amniotique révélant que l’embryon qu’elles portent est femelle.

 

Se prendre pour Dieu, agir comme le diable

Et l’Etat n’a pas besoin d’être ouvertement totalitaire pour orienter vers de tels crimes. En France, par exemple, l’avortement des embryons touchés de trisomie 21 est systématiquement recommandé. Même en laissant de côté le fait que la science est parfois présomptueuse (Beethoven, par exemple, avait un profil génétique et médical désastreux), l’idéologie pro-choix pêche par une faille fondamentale. D’un côté on s’acharne à faire naître par tous les moyens possibles (FIVETE etc), en sacrifiant d’ailleurs de nombreux embryons, des bébés que la nature n’aurait jamais fait naître. On pourrait parler d’acharnement d’ingénierie des naissances. Et de l’autre, on choisit ou l’on tue ce qui naîtrait naturellement. Et on se prépare à le modifier, car, une fois lancé le mouvement, la modification génétique ne va pas tarder. En somme l’idéologie pro-choix, par principe contre la nature, impose une abstraction qu’elle nomme perfection, ou liberté, au détriment de la vie réelle. Et tant pis pour celle-ci. La logique pro-choix mène au bout du compte à produire des enfants semblables à l’image que chacun se fait de la perfection et à éliminer les autres. En somme à se croire Dieu et agir comme le diable.

 

Pauline Mille