Le meurtrier de Henry Nowak condamné à 21 ans : sa victime est morte menottée et accusée d’agression raciste

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Henry Nowak

 

Prison à vie, peine minimale de 21 ans pour le meurtrier de Henry Nowak, le (vrai) George Floyd du racisme anti-Blancs : quand on y pense, la sentence réservée lundi soir à Vikram Degwa est clémente. A 23 ans, ce sikh qui a tué sa victime de plusieurs coups de couteau, sans raison, un soir de décembre, qui l’a filmée, qui a fait venir sa propre famille sur la scène pour le soutenir face à la police et qui a menti en jouant l’atout des racisés (comme l’a souligné le procureur lors de son procès), la dénonciation de racisme, pourra sortir de prison à l’âge de 44 ans. Il sera alors dans la force de l’âge, et sans doute avec encore davantage de haine dans le cœur.

Comme pour George Floyd, l’enregistrement de l’intervention de la police a été rendu public après le prononcé de la peine. Les images sont insoutenables. On voit la victime à terre, entourée de plusieurs policiers qui n’ont qu’un souci en tête : menotter le jeune homme, qui réussit pourtant à dire et à répéter « J’ai été poignardé ». A quoi un officier répond : « Je ne crois pas, mon pote. » La famille de Degwa est là près de Vikram : elle regarde ; c’est le frère du meurtrier qui a appelé la police en signalant un fait de racisme anti-Blancs. Aucun ne parle des blessures infligées au jeune étudiant, dont une qui l’a atteint à la poitrine, et qui a de fait déclenché une hémorragie dans les poumons.

 

Le meurtrier de Henry Nowak a menti, volé, tué

En appelant la police Gurpreet Degwa avait seulement dit que sa famille retenait Henry de force, avant d’ajouter : « Je ne peux pas le laisser partir tant que cette affaire n’est pas réglée. Je ne vais pas me faire agresser pour des raisons raciales et le laisser s’en tirer comme ça. Je ne vais pas accepter que cela devienne une habitude. J’habite ici. »

Cette vidéo a également été mise en ligne, cette fois par GBNews, le média britannique pro-Reform.

« J’ai été poignardé… Je n’arrive pas à respirer… » Cette dernière phrase, il l’aura répétée neuf fois. La police ne réagit guère. Tout au plus l’entend-on dire : « Il dit qu’il a été poignardé. » « Ah bon, il va falloir vérifier », dit une voix féminine. « C’est dans le visage ? » Mais rien n’arrête l’opération de menottage. Henry Nowak est invité à se mettre sur le côté alors qu’il est en train de mourir d’une hémorragie interne.

Pourtant, dès l’arrivée de la police, un des agents disait que Henry Nowak avait été tabassé et qu’il y avait du sang. C’est au bout de plusieurs minutes où l’on voit l’opération de menottage qu’un policier répète : « What’s your name, mate ? » (« Quel est ton nom, mon pote ? »). Pas de réponse. Il prévient Nowak qu’il est en état d’arrestation pour « agression » et lui débite, d’une voix monocorde, le catalogue de ses droits. Et ajoute en aparté : « Je crois qu’il va vomir. » C’est alors que la victime sombre dans le coma. Au bout de 2 minutes 30 d’intervention, la police appelle enfin une ambulance et on entend une agente dire : « Ses pupilles ne réagissent même plus. »

 

Les dernières paroles entendues par Henry Nowak furent celles de son arrestation

L’officialisation de l’accusation portée par le sikh, prise tellement au sérieux par la police, est la dernière chose que Henry Nowak aura entendue dans ce monde.

Vikram Degwa a été cru par la police lorsqu’il a accusé le jeune Blanc d’avoir hurlé des insultes raciales à son encontre en l’appelant « Paki », avant de le frapper à coups de poings et de faire tomber son turban. Il s’est posé en victime et cela a suffi. Sa mère a même eu le temps de récupérer son poignard qu’il portait à la ceinture et de le dissimuler chez elle, à la demande de son fils, avant que les forces de l’ordre (?) n’arrivent sur place.

Le père de Henry, Mark Nowak, s’est exprimé sur la torture que subit encore la famille. Lui-même rejoue constamment dans sa tête ce que son fils a dû penser alors qu’on le menottait et qu’il n’arrivait pas à respirer. A la sortie de l’audience du prononcé de la peine, il a lu une déclaration où il affirmait que son fils n’était pas « mort dignement » : « Henry n’a rien fait de mal. Il était une personne des plus gentilles, des plus amicales, des plus inclusives qu’on puisse espérer rencontrer. »

« Il est devenu inconscient avant que quiconque ne l’ait cru. » Précisant que lui et sa famille tenaient Vikram Degwa comme « responsable unique et à 100 % du meurtre brutal de son fils », il a cependant ajouté : « Il n’aurait pas dû mourir dans les rues de Southampton en état d’arrestation. Il a été traité de manière inhumaine et dégradante. » Et d’ajouter : « Son meurtrier, au contraire, a bénéficié d’un traitement décent : on l’a cru. On ne l’a pas menotté lors de son arrestation. Il n’a pas été menotté alors qu’il était emmené au poste de police. Pour autant que nous le sachions, il n’a jamais été menotté à aucun moment. Et comme Vikram Degwa l’a lui-même expliqué à la cour, alors qu’il était en état d’arrestation pour le meurtre de Henry, la police l’a même emmené à la cuisine pour qu’il puisse choisir son repas. Le contraste est insoutenable. »

 

Le meurtrier condamné pour avoir porté délibérément des coups mortels avec son kirpan

Le dispositif de condamnation a été publié par la justice britannique : on peut y lire que Vikram Degwa a été notablement condamné pour abus de son droit, en tant que sikh, de porter un poignard rituel nommé kirpan. Le juge précise qu’Henry Nowak ne s’était à aucun moment montré coupable de racisme, mais qu’il avait plaisanté en voyant arriver Vikram avec son poignard à la ceinture, en lui demandant, en « peut-être de manière facétieuse » : « Es-tu un homme mauvais ? », tout en filmant la scène. Degwa lui avait alors arraché son portable, ce qui avait sans doute conduit à une échauffourée, mais, a souligné le juge, Henry Nowak était absolument désarmé et sans défense, tandis que son meurtrier a clairement porté des coups de poing dans l’intention de tuer.

Il n’y est pas question de racisme anti-Blanc, et c’est l’élément essentiel qui manque.

Dans de telles circonstances, il est toujours intéressant de voir ce qu’en dit la presse mainstream. En l’occurrence, Le Monde rapporte l’affaire en disant d’emblée que « l’intervention de la police avait suscité des critiques d’Elon Musk et de personnalités britanniques d’extrême droite, comme Tommy Robinson, qui ont appelé le gouvernement à diffuser les images des caméras portées par les agents ». Le quotidien « de référence » s’empresse souligne que la police locale s’est dite désolée et que Keir Starmer, le Premier ministre britannique, avait condamné sur X cette affaire horrible et choquante, ajoutant qu’il était normal qu’une enquête sur la réaction de la police soit menée. Le Monde rappelle qu’après la mort de George Floyd, Keir Starmer s’était joint au concert d’indignation mondiale et avait plié le genou pour lui rendre hommage.

 

Pour parler du meurtrier de Henry Nowak, la presse mainstream dénonce « l’extrême droite »

Son article s’achève sur une citation du communiqué de la fédération des sikhs britanniques qui a déclaré, lundi, que « l’arme utilisée par Digwa n’était pas un kirpan » : « Cette organisation s’est inquiétée d’“informations erronées” diffusées à ce sujet, qui ont participé selon elle à “une hausse des agressions verbales et physiques contre les sikhs ces deux dernières semaines”. Le parquet britannique a démenti avoir qualifié l’arme du crime de “kirpan” lors du procès. » Les derniers mots de sympathie, en somme, sont pour la communauté sikh.

Le dispositif de condamnation l’a dit pourtant, employant le mot « kirpan » à cinq reprises et qualifiant le poignard de l’arme de grand poignard sikh porté dans un fourreau attaché à une ceinture, visible au-dessus de ses vêtements. « Vous avez fait honte à votre famille, à votre communauté et à votre religion », ajoute le juge, le rendant seul responsable des « tensions raciales » qui s’en sont suivies, et de l’inquiétude de « nombreux sikhs (…) qui craignent pour leur propre sécurité, alors même qu’ils n’ont absolument rien fait de mal ».

Le juge n’a pas non plus hésité à dire que la famille de Henry Nowak est celle qui est condamnée à vie.

Sans espoir de remise de peine…

 

Jeanne Smits