Le forum économique de Saint-Pétersbourg à l’ombre de Douguine

 

Nous avions omis de vous signaler que le grand rendez-vous façon Davos, organisé tous les ans en Russie depuis que Vladimir Poutine a mis la chose en place, s’est tenu début juin, et que parmi ses orateurs, on a pu voir le concepteur gnostique de la « quatrième théorie politique », Alexandre Douguine, venir expliquer que la Russie fait face à une guerre existentielle avec l’Occident.

Douguine, dont on nous explique qu’il n’est pas l’homme qui murmure à l’oreille de Poutine, a ainsi sa plateforme tout à fait officielle dans un événement aussi hautement symbolique du pouvoir russe, inauguré d’ailleurs par Poutine en personne le 4 juin dernier. C’est là que Douguine a répété ses habituelles critiques d’un Occident qui se prétend universel et hégémonique, quelque chose que Poutine lui aussi dénonce en promouvant la multipolarité… chère à Douguine.

Celui-ci est intervenu au cours d’une table ronde aux côtés de Konstantin Malofeev, fondateur de l’Institut Tsargrad et des médias qui lui sont liés. Douguine a notamment affirmé le droit de chaque civilisation de croire en sa propre « vérité absolue et non relative », ajoutant : « En même temps, parce que nous nous respectons les uns les autres, nous croyons que chacun a le droit de croire en son propre absolu. » Les valeurs universelles de l’Occident iraient à l’encontre de cet absolutisme relatif ou de ce relativisme absolu, comme vous voudrez. « Valeurs universelles libérales ». Oui, cela fait partie du problème.

Mais ce que met en avant Douguine, c’est un monde où toutes les religions traditionnelles sont considérées comme justes et vraies pour leur espace géographique. Il n’y a pas beaucoup de place pour le catholicisme là-dedans.