La présence de Jordan Peterson se fait rare en ligne alors qu’il continue de se remettre d’importants soucis de santé. Mais régulièrement, il publie des réflexions dans le Telegraph de Londres : la dernière en date porte sur le « catastrophisme du changement climatique », où il voit une arme de la gauche destinée à détruire le capitalisme. En clair, un instrument de propagande et d’action utilisé à des fins politiques, à mille lieues de ses objectifs affichés de lutte contre le réchauffement global.
Il s’interroge dans l’édition du 31 juillet sur le nouveau « péché écologique » contre lequel tonnent les responsables politiques progressistes et les institutions internationales : la climatisation. Entre propagande et coercition, la « clim » est de plus en plus refusée aux gens ordinaires. Jordan Peterson cite le cas de la Commission européenne pendant la canicule à Bruxelles au mois de juin : l’interdit ne concernait que les sept premiers étages du building, alors qu’au-delà, du 8e au 13e étage où s’ébrouent les « huiles » de la Commission, les locaux pouvaient continuer d’être rendus vivables.
La raison tient en une phrase lapidaire répétée ces derniers temps par les médias publics allemands : « Air conditionné : ce qui nous rafraîchit, réchauffe la Terre. »
Jordan Peterson fait le lien entre le réchauffement et le socialisme marxiste
Jordan Peterson note que pour lutter contre la climatisation, un système de surveillance et de contrôle se met déjà en place. L’intervention gouvernementale s’étend et cela correspond à une logique, montre-t-il.
« Les véhicules que nous conduisons, la manière dont nous chauffons nos logements, ce que nous mangeons, notre consommation d’eau : chaque activité de la vie moderne contribue à augmenter les émissions industrielles de CO2, tout comme la climatisation. Ces décisions aussi personnelles et locales nécessitent-elles donc toutes une surveillance et une réglementation de la part des pouvoirs publics ? Et si tel est le cas, quelles libertés pourraient encore subsister ? »
La question pointe vers la réponse. Le climato-alarmisme est un instrument de mise en place d’un pouvoir totalitaire. Ses racines les plus évidentes se trouvent chez Rachel Carson (Silent Spring), Paul Ehrlich, le Club de Rome. Il faut surtout y ajouter, comme le rappelle Jordan Peterson, le documentaire d’Al Gore publié en 2006, An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange). On en fête cette année le 20e anniversaire, Mais tout cela est tout sauf festif.
Jordan Peterson constate le ton émotionnel et partisan du discours climatique
« Une vérité qui dérange s’est révélé bien plus efficace que n’importe quel rapport universitaire ou avertissement d’experts précédent pour faire passer le changement climatique des cercles scientifiques et politiques à la conscience culturelle générale. Dans le même temps, ce film a fini d’imposer le ton profondément émotionnel et partisan – presque religieux – qui domine encore aujourd’hui le débat sur cette question », écrit Peterson.
Après avoir contesté la manière dont on récolte et dont on affiche les mesures, en obligeant à croire aveuglément en la prétendue science qui rend l’activité humaine responsable de tout, Jordan Peterson souligne que dans ce domaine, le facteur politique joue désormais un rôle prépondérant. Et de citer une enquête Gallup de 2006, montrant que 72 % des démocrates aux Etats-Unis s’inquiètent du changement climatique contre 6 % des républicains. C’est le signe, selon lui, du détournement, de la « prise en otage » du climat au moyen d’engagements politiques et moraux préalables. A cela s’ajoute, souligne Peterson, la dépense au nom de la lutte contre le réchauffement :
« Les dépenses mondiales annuelles consacrées à ce qu’on appelle la “transition énergétique” dépassent désormais les 2.000 milliards de dollars – soit près de 2 % du PIB mondial –, tandis que les dépenses cumulées depuis la sortie du film Une vérité qui dérange s’élèvent à 10.000 à 15.000 milliards de dollars. La très influente Agence internationale de l’énergie préconise désormais de doubler, voire de tripler ce chiffre pour atteindre les objectifs de zéro émission nette à l’horizon 2050, en grande partie grâce à une planification étatique centralisée.
« L’ampleur même de ces sommes est difficile à saisir, mais un fait reste incontestable : chaque dollar consacré à cette entreprise est un dollar qui ne peut être utilisé à d’autres fins. »
Des milliards de dollars gaspillés contre le réchauffement climatique
Voilà qui joue contre les vrais soucis écologiques, affirme Jordan Peterson, mais empêche également de relever des défis humanitaires d’importance : « la malnutrition, le malaria, le sida, l’éducation, l’assainissement de l’eau et des égouts ». Il suffirait d’investir quelque 50 milliards de dollars par an pour vraiment les prendre à bras-le-corps, affirme Peterson, Qui insiste : même dans l’hypothèse où l’augmentation du CO2 est due à l’activité industrielle, et même s’il était vrai qu’il contribue au réchauffement global, « l’insistance à prétendre qu’ils constituent une crise existentielle aux proportions apocalyptiques n’est pas une affirmation scientifique. Il s’agit au contraire d’une affirmation dogmatique et partisane ». A preuve, les multiples prédictions non vérifiées des alarmistes. Jordan Peterson écrit, accusant les oiseaux de mauvais augure de pratiquer « l’inversion de la vérité » :
« Les exemples concrets sont légion. La désertification généralisée et catastrophique ainsi que les mauvaises récoltes à grande échelle ne se sont, dans l’ensemble, pas concrétisées. Au contraire, la tendance générale a été à l’augmentation des rendements agricoles et de la densité de la végétation. Ce qui s’est réellement produit ne correspond pas aux prévisions et devrait imposer une réévaluation radicale de tout le discours sur le climat, du moins parmi ceux qui sont attachés à l’honnêteté et à l’intégrité scientifique. »
Ainsi, les assertions d’Une vérité qui dérange ne sauraient être considérées comme de simples erreurs, ni même comme de simples mensonges : « Elles se situent fermement dans la catégorie de l’anti-vérité. » Et cela compte, dit Peterson, « en raison de leur omniprésence et de leurs conséquences culturelles, morales et économiques profondes ». Il ajoute : « Cela vaut tout particulièrement pour l’affirmation selon laquelle l’augmentation des concentrations de CO2 constituerait un danger net, notamment pour la flore. »
Jordan Peterson parle du verdissement par le CO2
Nous l’écrivions ici il y a trois jours : Un vrai effet du CO2 ? Le verdissement global atteint des records. Peterson rappelle l’histoire de ce phénomène depuis les années 1980, et donne des exemples concrets, comme celui du Sahel où l’extension du verdissement, déjà constaté sur 41 % de la zone, pourrait s’accentuer d’ici à la fin du siècle.
Cet accroissement de la biomasse contredit carrément les prophéties de malheur des réchauffistes, comme on le constate depuis au moins quatre décennies grâce à des données objectives. Voilà de quoi mettre en cause le discours sur les dangers apocalyptiques liés au changement climatique. Au contraire, on renforce celui qui incrimine le capitalisme, et permet de qualifier de « fasciste » ou de « négationniste » tout ce qui le met en cause. Et voilà le clou du raisonnement de Jordan Peterson, pourfendeur de tout ce qui est woke :
« N’est-il pas légitime de souligner à quel point ce discours reflète parfaitement la vision du monde de la gauche – voire de la gauche radicale ? L’Occident est intrinsèquement colonialiste et exploiteur ; le capitalisme de libre marché met en danger l’humanité et la planète ; la planification centralisée est le remède indispensable. »
Les solutions à cette crise, contredites par la réalité, sont dans ce cadre prévisibles : « L’ingérence totalitaire de l’Etat, la nationalisation des industries clés, des décisions prises au nom de l’équité plutôt que du profit, la décroissance des pays riches, une redistribution massive de la richesse depuis le Nord global vers le Sud global. »
Cela étant dit, Jordan Peterson n’est pas original. Il faut lire ou relire L’Empire écologique ou la subversion de l’écologie par le mondialisme de Pascal Bernardin qui, dès 1998, date de sortie de ce livre, allait déjà au fond de toutes ces choses, et quelques autres.
Quant à Peterson, il se demande :
« Est-ce une simple coïncidence si le socialisme – dans ses formes les plus extrêmes – semble être précisément le système qu’exige par la “réalité” de la production industrielle de CO2 ? Serait-il trop cynique de suggérer que cette remarquable convergence pourrait expliquer pourquoi les interprétations autres que “CO2 = catastrophe” ont été systématiquement marginalisées, même au niveau des faits recevables ? »
Et rappelle que les systèmes socialistes conduisent à la stagnation au mieux, mais qui frappe d’abord les plus pauvres. Dans le pire des cas, les plus extrêmes aboutissent au totalitarisme le plus sanguinaire.
Jordan Peterson remarque que le socialisme excuse du réchauffement
Notons au passage que la contribution de la Chine communiste au réchauffement global n’est jamais incriminée ; elle est au contraire félicitée pour tous ses efforts, alors même qu’elle continue de développer le recours aux « énergies fossiles »… « Pendant ce temps-là, la Chine et l’Inde augmentent leurs émissions à un rythme tel que le projet écologique occidental en devient une simple anecdote », commente Peterson.
Il voit comme cause de tout cela le développement de la « haine » et non de l’amour, dont le propre est de construire et d’améliorer le sort des plus pauvres. La haine préfère la « destruction », « quoi qu’il en coûte », rappelle l’auteur.
Il plaide pour le retour aux énergies bon marché, au développement du nucléaire, en rappelant que cela permettrait de mettre en place davantage d’usines de désalinisation (Israël n’en tire-t-il pas 80 % de ses ressources en eau ?) et augmenter l’irrigation en éloignant le spectre de la sécheresse.
Ces jours-ci, la sécheresse s’exploite au contraire, faudrait-il ajouter : elle est l’épouvantail rêvé pour renforcer encore la grande peur du changement climatique, on le voit tous les jours aux informations.











