Révolution arc-en-ciel sous faux drapeau gilets jaunes

Révolution arc-en-ciel gilets jaunes
 

Les gilets jaunes sont nés spontanément d’une image : la France qui travaille et que ses élites politiques exaspèrent, a enfilé le gilet jaune qu’on porte sur la route pour barrer symboliquement la route, sur les ronds-points, à un pouvoir hostile aux Français. Edouard Philippe, avec ses œillères administratives et sa vie chère, était le symbole de l’Etat déconnecté et abusif contre lequel elle se levait. L’ennui de l’affaire, sans chefs ni structures, c’est que n’importe qui, en enfilant la veste fluo, peut se déclarer gilet jaune. C’est ce qu’a compris et appliqué l’extrême gauche à son profit au bout de quelques semaines, récupérant et falsifiant le mouvement dès la fin de 2018. Aujourd’hui la prétendue résurgence des gilets jaunes dans les émeutes d’octobre relève de la même usurpation d’emblème. La déclaration de manif pour le parcours Bastille-Opéra le 24 octobre a été déposée auprès de la préfecture de police de Paris par un dénommé Benjamin Ball. Ce quadragénaire est un vieil activiste de la révolution arc-en-ciel. Naguère lycéen inscrit à Attac, à l’UNEF et aux verts, il a participé aux Indignés en 2011, à Nuit debout en 2016. Il a pris part à Bloquons tout en septembre 2025 et aux marches pour le climat de 2026. Bref, c’est un professionnel des manifs arc-en-ciel à la mode, et le gilet jaune qu’il affiche aujourd’hui ne lui sert qu’à faciliter la fameuse convergence des luttes dont se nourrit la révolution. Sa déclaration sur RTL avant le 7 octobre était claire : « Notre but n’est pas de faire passer un message mais de gagner. » Il anime pour cela le site 17octobregiletjaune.net, qui répertorie les blocages, les rassemblements et les initiatives locales, afin que chacun puisse identifier une mobilisation. D’après La Dépêche du Midi, une centaine de personnes gravitent autour de ce travail, avec un groupe central d’une dizaine de membres. Ce dispositif cherche à faire travailler ensemble des collectifs indépendants et à inscrire leur action dans la durée. Après les émeutes, Benjamin Ball réclame des Etats généraux pour que les secteurs mobilisés puissent présenter leurs demandes au président de la République. Saluant la « colère » qui anime les émeutiers, il entend la transformer en énergie politique. Son prochain rendez-vous est la grève générale décrétée par les syndicats le 5 novembre. Avec pour objectif la captation de toutes les colères au profit de l’arc en ciel dans sa version ouvertement socialiste. Rien à voir avec les gilets jaunes, mais fidèle à l’usurpation des « gilets jaunes ».