Le Mot : Police de la pensée

 

On connaît Edouard Philippe et ses motivations. Il est déconnecté du peuple, il a provoqué le mouvement des Gilets jaunes en 2018 et préconisé l’alliance avec le PC et LFI pour barrer la route au RN en 2024. En 2026, parti en fanfare pour le groupe central dans les sondages sur la présidentielle, il a dévissé de dix points et cherche à faire du bruit pour se rétablir et éviter la primaire au centre que réclame Gabriel Attal. Il n’en reste pas moins que, depuis sa prise de bec avec Mélenchon, il dit des choses intéressantes, comme si la nécessité de trouver des voix lui faisait découvrir la lune. Ayant noté qu’une part notable des émeutiers interpellés « venaient de l’immigration » et posaient « un problème d’intégration », accusé pour cela de « calomnies racistes » par Jean-Luc Mélenchon, il s’est écrié : « Est-ce qu’on a le droit de dire en France les choses telles qu’elles sont ? » Puis il a dénoncé « une police de la pensée imposée par l’extrême gauche, imposée par Jean-Luc Mélenchon ». Avant de proposer à celui-ci, bien sûr, « un débat pour discuter de ces sujets ». L’intérêt politicien n’est jamais loin, et c’est normal en période électorale. Mais tout de même, forcé par la réalité, ce grand centriste pusillanime a fait un pas vers la reconnaissance d’une des pathologies majeures de notre système politique.