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Avortement : Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen ne sont-elles pas d’accord ?

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La presse évoque de nouvelles dissensions entre Marion Maréchal-Le Pen et sa tante Marine à propos de l’avortement. Interrogée par Présent, Marion Maréchal a déclaré vouloir revenir sur « le remboursement intégral et illimité de l’avortement, car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels ». Aussitôt, Marine Le Pen a recadré sa nièce en rappelant que cette proposition « n’est pas au programme du Front National » pour 2017.
 
C’est peu de le dire. Aussi bien Marine Le Pen que son « stratège » Florian Philippot ont exclu de revenir sur la loi Veil et ses aggravations successives, mais ils ont même fortement affirmé que l’IVG est à leur sens un « droit ».
 
Marion Maréchal-Le Pen et a eu plusieurs fois l’occasion de faire des déclarations qui ont pu irriter sa tante Marine mais qui peuvent aussi attirer la sympathie d’un électorat catholique et de droite pour le FN, alors qu’il est par ailleurs effarouché par les options étatistes, laïcistes, et pro-avortement du Front National.
 

Avortement : Marion Maréchal et Marine Le Pen d’accord sur à peu près tout

 
Ainsi ouvertement, au moment des élections régionales, Marion Maréchal avait courageusement, il faut le dire, affirmé qu’elle voulait supprimer les subventions des régions aux « associations politisées, dont les plannings familiaux ». Cela lui avait valu également un recadrage immédiat de la part de sa tante.
 
Nous ne pouvons pas être juges de la sincérité de Marion Le Pen ; ce qu’elle a dit, elle l’a dit, quelle que soit la raison politique profonde pour laquelle elle a fait ce choix. Mais la réaction de Marine, chef du parti et candidate à l’élection présidentielle, ne s’est jamais fait attendre, tant il est vrai qu’elle s’est totalement soumise aux tabous qui empêchent de remettre en cause l’accès à l’avortement.
 
En proposant de le dérembourser partiellement, Marion Maréchal Le Pen ne fait que l’égratigner, d’ailleurs. Clairement, elle ne dénonce que remboursement intégral et illimité de l’avortement, sans quoi elle aurait annoncé sa volonté de faire cesser son remboursement, sans plus de précisions.
 

Recadrage de Marion Maréchal Le Pen pour avoir évoqué un déremboursement très partiel de l’IVG

 
On ne peut pas dire que le remboursement partiel et limité de l’avortement, ou de l’IVG comme ils disent, soit une position acceptable : quelles que soient les circonstances, l’avortement volontaire consiste en l’assassinat d’un être humain. Imagine-t-on un génocide qui pourrait être partiellement mis en œuvre et financé par un gouvernement, qui dès lors échapperait à l’accusation de meurtres de masse ?
 
Marion Maréchal Le Pen ajoutait qu’il faut considérer les femmes comme des êtres responsables. Autrement dit, si elles tombent enceintes sans le vouloir c’est bien de leur faute, et elles n’ont qu’à payer lorsqu’elles veulent se débarrasser du fruit d’une relation sexuelle non protégée. On ne peut pas dire que cela aille très loin : d’une part c’est un langage qui renvoie, dans l’esprit du lecteur, à l’idée de la contraception comme alternative possible et efficace à l’avortement, alors qu’en France, plus le taux contraceptif augmente, plus on avorte ; d’autre part, cela suppose que l’avortement doit en tout état de cause rester accessible aux femmes qui souhaitent réparer un comportement irresponsable, quitte à ce qu’elles le paient elles-mêmes.
 
Mais c’est déjà trop aux yeux de Marine Le Pen.
 

Marion Maréchal Le Pen ne veut pas remettre en cause la légalité de l’IVG

 
Qu’elle se rassure pourtant. Dans un entretien accordé au Comtadin le 6 mars 2014, en pleine campagne des régionales, Marion Maréchal-Le Pen déclarait, très respectueuse de la ligne du parti : « Nous ne sommes pas pour une remise en cause de la légalité de l’avortement, ni pour son déremboursement. »
 
Cela n’est pas contradictoire avec ses propos à Présent, où elle n’envisage pas plus qu’en 2014 un déremboursement pur et simple de l’IVG. On peut prendre acte du fait qu’elle veut « soutenir financièrement les structures qui proposent d’accompagner les femmes isolées et hésitantes », mais cela ne constitue pas une politique pro-vie.
 

Anne Dolhein