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Le cardinal Cañizares poursuivi pour ses « attaques » contre les migrants et minorités LGBT

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Pour avoir publiquement dénoncé un « empire gay », critiqué les groupes féministes radicaux et mis en garde contre la politique européenne d’ouverture des frontières aux migrants, le cardinal Antonio Cañizares est poursuivi en justice par le Réseau espagnol pour les Réfugiés. Le Réseau lui reproche d’être « un ultra-conservateur cherchant à subvertir l’ordre constitutionnel » et l’a accusé d’être nostalgique « du temps où les migrants, gays, lesbiennes, bisexuels, transsexuels et femmes subissaient la dictature d’une société gouvernée par les pouvoirs de l’Eglise catholique. »
 
Ses détracteurs, qui n’hésitent pas à le surnommer « le petit Ratzinger » en raison de son autorité théologique et de ses similarités avec le pape Benoît XVI, affirment qu’en raison de son opposition à l’ouverture des frontières, « il s’aligne sur les organisations néo-fascistes qui considèrent, elles aussi, que les personnes d’autres ethnies ou croyances religieuses sont dangereuses et potentiellement criminelles. »
 

Pour le cardinal l’idéologie du genre est « la plus insidieuse de l’histoire de l’humanité »

 
Par ailleurs, le mois dernier, le cardinal Cañizares a fustigé « l’empire gay » pour ses attaques contre la famille et rejoint le pape François dans sa critique contre « l’idéologie du genre » qu’il a décrit comme « l’idéologie la plus insidieuse de l’histoire de l’humanité ».
 
Le cardinal a tenu ces propos la veille de la Journée internationale LGBT contre la lesbophobie, l’homophobie, la transphobie et la biphobie, lors d’une messe célébrée à la chapelle de l’Université catholique de Valence. Le cardinal s’est récemment rendu à Rome pour un pèlerinage de l’année du Jubilé et a été reçu en audience privée par le pape François.
 

Les LGBT et les migrants menacés d’exclusion sociale ?

 
Pour le Réseau, l’archevêque a fait preuve d’un « dédain manifeste » à l’égard des groupes menacés d’exclusion sociale et a de plus « lancé une attaque frontale contre les droits de l’homme et le système légal de protection des minorités ». Ces accusations ne disent rien, par contre, sur la protection de la liberté d’expression, un point douloureux pour les groupes de sauvegarde des droits de l’homme en Espagne…
 

L’hypocrisie des mouvements des libertés civiles à l’égard du cardinal Cañizares

 
En mars 2015, en effet, le sénat espagnol a entériné des changements législatifs controversés concernant la sécurité publique, et beaucoup y ont vu une suppression des droits de liberté d’expression et de manifestation. A l’époque, Virginia Pérez Alonso, de la Plateforme pour la Défense de la Liberté d’information, a dénoncé « l’une des pires atteintes aux libertés en Espagne depuis l’époque de Franco. »
 
Pour le New York Times, certains pays européens, dont l’Espagne, « ont depuis longtemps placé des limites plus strictes au discours politique aux [prétendues] incitations à la haine que ne l’ont fait les Etats-Unis », ajoutant que certains mouvements pour les libertés civiles « se préoccupent de manière croissante de la manière générale dont ces lois sont mises en œuvre (…) L’on ne sait comment les dispositions juridiques pourraient s’appliquer dans le futur… »
 
Monica Oltra, vice-présidente du gouvernement de Valence, a rejoint le camp des critiques du Cardinal Cañizares en affirmant que ses propos « encouragent un sentiment de haine et les crimes associés » et en l’accusant de diffuser « des messages misogynes qui déprécient l’image des femmes » ainsi que la communauté LGBT…
 

Patrick Neuville