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Crédit renouvelable pour l’industrie du pétrole : le nouveau risque pour les banques

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Gager ses stocks de matières premières pour obtenir un prêt de 2,5 milliards de dollars. C’est ce que cherche actuellement à faire Noble Group auprès de plusieurs banques.


 
Les investisseurs des grosses banques commencent seulement à avoir connaissance d’un nouveau risque, ou plus exactement d’un risque ancien mais dont personne ne parlait : celui des lignes de crédit renouvelable concédées en des temps meilleurs à des compagnies pétrolières ou à des compagnies du secteur énergétique. Aujourd’hui ce sont des produits à hauts risques, d’autant que le crédit en question n’est pas financé.
 
Parmi les grandes banques américaines, y compris JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup, et Wells Fargo, on avoue aujourd’hui une exposition à hauteur de 147 milliards de dollars non financés à une industrie que les prêteurs préféreraient fuir aujourd’hui.
 

Les banques ont multiplié les crédits renouvelables non financés

 
Les prévisions de pertes sont importantes. Les banques tiennent compte de l’inévitable pour anticiper les risques : la faiblesse de nombre des compagnies pétrolières, qui souffrent de la chute des cours, et qui déjà rencontrent des problèmes de liquidités et risques le dépôt de bilan. C’est ce qui les pousse à se servir de plus en plus de l’enveloppe de crédit renouvelable dont ils bénéficient. L’agence de notation Fitch devrait annoncer cette semaine qu’au moins les deux tiers des prêts liés à l’énergie sont aujourd’hui soit non cotés, soit relégués au rang de prêts à risque avec une forte probabilité de non remboursement.
 
Les défauts ont l’inconvénient d’emporter l’argent des banques mais aussi celui des investisseurs. Un exemple récent montre l’étendue du risque : Quicksilver Resources de Fort Worth, naguère évalué à 2,1 milliard de dollars, a été vendu aux enchères en janvier pour 245 millions de dollars. Les prêteurs ont subi un « haircut » de 90 %. Les investisseurs, eux, y ont tout laissé. En l’occurrence l’établissement venait d’engloutir 209 millions de dollars supplémentaires en opérations de crédit revolving.
 

L’industrie pétrolière entraîne les banques dans des situations de risque grave

 
De nombreuses autres compagnies pétrolières essaient actuellement d’augmenter le volume des prêts consentis par les banques. Lorsque, comme pour la compagnie Linn Energy, les fonds manquent pour payer les échéances mensuelles, la faillite est au bout. Dans le cas de Linn, elle a eu lieu tout de suite.
 
Les investisseurs aimeraient savoir quel est le volume total de ces crédits renouvelables fantôme, et combien d’entre eux sont probablement voués à disparaître. Wells Fargo avoue une exposition à l’industrie énergétique à hauteur de 17,4 milliards de dollars. En réalité, si l’on tient compte du crédit revolving, on arrive à 42 milliards. Plusieurs autres grosses banquent américaines affichent des montants semblables.
 
Christopher Helman de Forbes estime ainsi que si les cours continuent au plus bas pendant une année supplémentaire, les pertes de crédits liés à l’industrie du pétrole et du gaz pourraient avoisiner les 75 milliards de dollars.
 
Et les banques n’ont aucun moyen aujourd’hui d’y échapper.
 

Anne Dolhein