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Economie et réduction du déficit : la France face à Bruxelles

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La France n’en finit plus d’annoncer à Bruxelles des efforts pour relancer son économie qui est, de fait, l’une des plus sinistrées de la zone euro. Ainsi, mercredi, le gouvernement évoquait-il un effort de réduction de son déficit public. Mais celui-ci s’avère devoir être inférieur aux souhaits de la Commission européenne, ce qui provoque une nouvelle tension.
 
L’application stricte de la recommandation faite fin février par la Commission européenne « aurait fait chuter la croissance, et par là même nous aurait empêché de faire reculer le chômage », a justifié notre ministre des Finances, Michel Sapin.
 
Ah ? Parce que le gouvernement de Manuel Valls a fait reculer le chômage ? Première nouvelle…
 
« Nous avons considéré qu’une autre voie était possible », ajoute-t-il, imperturbable, devant les journalistes – qui semble-t-il, n’ont pas songé à l’interroger sur cette courbe revigorée de l’emploi.
 

Réduction du déficit : la France va faire des économies

 
En pratique, promet-il, le déficit structurel baissera de 0,5 point par an sur 2015, 2016 et 2017, ce qui nécessitera un effort supplémentaire de quatre milliards d’euros sur les finances publiques cette année, et cinq milliards l’an prochain.
Or Bruxelles exigeait de notre pays 0,5 effectivement cette année, mais 0,8 et 0,9 les deux années suivantes, afin de pouvoir respecter le pacte de stabilité dès 2017, en ramenant notre déficit au-dessous des 3% de PIB défini par le pacte de stabilité.
 
Pour Michel Sapin, il s’agit là d’un débat « parfaitement légitime ». On n’avait guère l’impression que le sujet fut matière à débat pour Bruxelles, et on a pu voir dans d’autres circonstances, face à la Grèce par exemple, François Hollande assurer que les prescriptions de Bruxelles étaient impérieuses.
 

Bruxelles n’apprécie guère

 
Cette « autre voie possible » annoncée n’a pas paru satisfaire particulièrement la Commission européenne, ce qui pourrait amener à quelque nouvelle dissension. D’autant que, en la matière, la discussion est sous la tutelle de Pierre Moscovici qui n’aime pas trop qu’on suppute qu’il pourrait favoriser son pays face aux obligations européennes, et cherche à le prouver.
 
Côté français, d’aucuns s’interrogent néanmoins sur cet effort supplémentaire ; mais le gouvernement a fourni une réponse taillée sur mesure, en affirmant que ce nouvel effort ne serait pas supporté par nos concitoyens pour lesquels il serait indolore.
 

François le Luc