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Andalousie : le Défenseur du peuple juge adaptée aux mineurs une exposition sur la Gay Pride de Séville

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Interpellé par une plainte deGregorio Serrano, élu municipal du Partido Popular, le Défenseur du peuple de la région autonome d’Andalousie a refusé de juger inadaptée aux mineurs une exposition photographique illustrant la Gay Pride de Séville, « Orgullo de Sevilla ». Ce n’est pourtant pas une exposition qu’on ne peut voir qu’en se déplaçant pour aller la voir dans un musée : elle s’impose à tous dans l’Avenida de la Constitucion, l’une des artères les plus fréquentées de la ville. Depuis plusieurs semaines y fleurissent des panneaux avec d’immenses photos du défilé de la « fierté LGBT » de 2015 pour illustrer la parade de cette année tout au long du mois de la « Fierté gay ». Les photos sont provocantes, voire obscènes, on y montre des participants remarquables par leurs tenues outrées ; on y voit notamment des hommes s’embrassant à pleine bouche.
 
Peine perdue pour les parents qui tentent de protéger leurs enfants de tels spectacles en évitant les quartiers centraux des grandes villes le jour de la Gay Pride : à Séville, celle-ci s’impose à eux avec ses souvenirs visuels agressifs la où passent les familles allant et venant dans la ville.
 

Des photos obscènes de la Gay Pride dans les rues de Séville

 
Gregorio Serrano en a donc demandé le retrait, seul : tous les autres groupes politiques représentés au Consistoire de Séville – les socialistes du PSOE, les centristes de Ciudadanos, la gauche unie et les autres – l’ont accusé d’intolérance et d’incitation « à la haine et à l’homophobie ». Il suffit donc d’exprimer un jugement négatif sur l’étalage de l’image outrancière que la communauté gay choisit de donner d’elle-même, avec l’évidente volonté de provoquer le scandale, pour être accusé de ce qui est, techniquement, un délit.
 
Le Défenseur des droits des mineurs, qui fait partie de l’institution du Défenseur du peuple d’Andalousie, a répondu que l’exposition « ne lèse aucun droit, tels les droits à l’intégrité morale et psychologique des mineurs ». Il s’appelle Jesús Maeztu, et il s’agit d’un ancien prêtre catholique.
 

Le Défenseur des droits, un ancien prêtre, juge les photos adaptées aux mineurs

 
Il a promis de « prendre en compte » les quelque 400 signalements reçus en très peu de temps par le Défenseur des droits, mais à quoi cela servira-t-il, puisque selon lui toute création artistique est protégée par l’article 20 de la Constitution reconnaissant le droit à la liberté d’expression ?
 
C’est la dictature du relativisme à l’état brut : elle fait des agressés les agresseurs et récuse, interdit, persécute tout rappel de la moralité traditionnelle. Elle revendique le droit d’imposer aux jeunes des « contenus sexuels explicites », qui sont en effet le dénominateur commun de l’exposition.
 

Dénoncer une exposition de rue obscène, c’est de l’homophobie

 
Plusieurs organisateurs de la Gay Pride ont demandé à Serrano de « réfléchir » à sa demande « répugnante » et de la « rectifier », le menaçant désormais de poursuites. Ils s’exprimaient lors d’une conférence de presse organisée par la mairie de Séville à la suite de la démarche de l’élu PP, l’accusant de comportement « partisan et électoraliste » visant à s’assurer la bienveillance d’une « minorité ».
 
La semaine dernière, l’exposition avait déjà fait l’objet des gros titres après que des photographies eurent été tagguées avec des inscriptions « homophobes ». Le respect de la « diversité sexuelle » tient le haut du pavé et empêche toute expression qui prétende à une normalité en ce domaine.
 

Anne Dolhein