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COMEDIE DRAMATIQUE Marguerite ♥


 
Marguerite est un film français d’aujourd’hui, ce qui n’est pas, en l’occurrence, entièrement synonyme de navet. Le récit, original, nous fait vivre la dernière année de Marguerite, au début des années 1920. Epouse malheureuse, Marguerite désespère d’intéresser son mari à s’occuper d’elle. Il l’avait épousée pour son argent. Prise de passion pour l’opéra, elle achète des partitions originales, des décors scéniques, organise des concerts dans son château, subventionne directement ou indirectement des artistes. Tout cela serait fort inoffensif, et plutôt sympathique, si elle n’était prise de la lubie de chanter, affreusement faux, des grands airs très connus d’opéra. Son public habituel, une bonne société très polie, ne lui en a jamais rien dit. Or, les choses se gâtent lorsqu’elle est manipulée par des dadaïstes, qui l’entraînent à participer à un spectacle provocateur.
 

Marguerite

 
L’histoire, peu crédible, repose tout de même sur la vie réelle d’une riche Américaine excentrique, contemporaine de la Marguerite du film. Il y a pourtant une différence culturelle significative entre les deux rives de l’Atlantique : la bonne société française aurait signifié à Marguerite son extravagance pénible, ou exigé au moins du mari qu’il la fasse cesser. Les Américains peuvent être plus gentils. L’histoire est bien traitée. Les acteurs donnent une certaine densité à leurs personnages qui possèdent une existence propre, pour les principaux comme les seconds rôles. Les personnages a priori peu sympathiques, comme le mari infidèle de l’extravagante, sont plus que la lourde caricature attendue, et émeuvent presque sur la fin.
 
On se permettra de regretter seulement quelques écarts de langage : on se doutera que les artistes ne s’exprimaient pas élégamment entre eux dans les coulisses ou les loges, mais la vulgarité exaspère, surtout de nos jours, où elle est trop commune. On regrettera de même le cliché des mœurs peu édifiantes, heureusement pas vraiment montrées. L’époque est globalement bien reconstituée. On aurait aimé des coupures dans la regrettable provocation dadaïste, menée par une imitation de Tristan Tzara, encore pénible aujourd’hui pour qui aime la Patrie et la Religion.
 
Malgré toutes ces réserves, Marguerite, qui a ses qualités, peut intéresser comme curiosité.
 

Hector Jovien