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François ! Le chômage encore à la hausse !

François chômage hausse

Progression inexorable du chômage.


 
On peut torturer les chiffres comme l’on veut. On peut se gargariser de la légère baisse en novembre – et même parler d’embellie. On peut dire que, pour ce qui est des jeunes, 2015 a représenté un répit. On peut dire tout ce que l’on veut, mais il n’en est pas moins vrai que le chômage a connu une nouvelle hausse en décembre 2015, selon les chiffres publiés mercredi par le ministère du Travail. Et, au final, François Hollande, qui a fait de la régression du chômage la condition pour se présenter devant les Français lors de la prochaine élection présidentielle, va avoir beaucoup de mal à trouver une échappatoire…
 
Selon ces derniers chiffres donc, le nombre de demandeurs d’emploi – ah ! oui, pardon ! – de catégorie A (c’est-à-dire sans aucune activité) a enregistré le mois dernier une hausse de 0,4 % sur un mois à 3.590.600 (+ 15.800). Soit une augmentation de 2,6 % sur un an.
 

François ! Les chômeurs sont aussi des électeurs

 
Si, sans s’adonner à la lecture de tous les chiffres, l’on prend les trois catégories principales, qui représentent le marqueur habituel de ce qu’on appelle le chômage, le nombre de demandeurs d’emploi atteint 5.475.700 fin décembre, en hausse de 5 % sur un an.
 
Le ministère du Travail a aussitôt imputé cette nouvelle hausse aux attentats du 13 novembre et à leurs conséquences sur l’économie française, précisant dans son communiqué : « Ce résultat du mois de décembre traduit notamment les effets de la baisse d’activité enregistrée par plusieurs secteurs dans le contexte que nous avons connu en novembre et décembre. »
 
On peut, bien sûr, rejeter la responsabilité d’une difficulté sur une autre difficulté, et ainsi de suite. Mais il faut bien, à un moment ou un autre, assumer ses responsabilités. Si la nouvelle hausse (ne parlons pas de l’ancienne…) est une conséquence des attentats, qui est responsables des attentats ? Ah ! oui, les djihadistes. Bon ! Mais à quel moment les autorités sont-elles responsables ?
 

La hausse du chômage et la politique

 
Le Medef a répondu très clairement à la question. Jugeant « très préoccupante » la dégradation de décembre, il la déclare être la conséquence de « l’irrésolution » des politiques gouvernementales. Ah… Et invite, bien évidemment, les politiques à prendre des mesures « énergiques » – travail du soir ou du dimanche, par exemple – qui ne sont pas nécessairement les bonnes. Mais ce qui est intéressant, c’est que, alors que le politique tente de se défausser, il est ainsi replacé devant sa responsabilité.
 
La CGT ne dit pas autre chose, qui déclare : « Ce sont bien les politiques d’emploi menées qui créent le chômage et qui accentuent le déficit de l’Unedic. » Ce qui ne signifie nullement, au demeurant, qu’il y ait là accord, autre que de façade, entre le syndicat et le patronat.
 

La solution pour 2017 ?

 
Le ministère du Travail, lui, a trouvé la parade : « Malgré une augmentation du nombre d’inscrits en catégorie A, l’année 2015 marque une inflexion réelle : 46.000 créations nettes d’emplois auront été enregistrées après plusieurs années de destruction. »
 
On sent bien que François Hollande est en train de trouver le moyen de couper les cheveux en quatre pour se réintroduire en 2017. Pendant ce temps-là, quoi qu’on dise, le chômage augmente…
 

François le Luc