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Transhumanisme : un tiers des Américains prêts à accepter une greffe de micropuce pour améliorer le cerveau

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C’est la vieille histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Faut-il d’abord considérer les 66 % d’Américains qui, aux termes d’une enquête menée par le Pew Research Center, ne voudraient pas d’une greffe de micropuce pour améliorer les performances de leur cerveau ? Ou les 32 % qui sont prêts à l’envisager ? (2 % « ne savent pas »…) Une majorité de méfiants, c’est plutôt bon signe. Mais un tiers de nos contemporains – fût-ce aux Etats-Unis – qui accepteraient une telle procédure, voilà qui apporte la preuve d’une certaine disposition de l’humanité à se désinhiber face au « progrès » de la manipulation de l’être humain. L’idée de l’homme augmenté, du transhumanisme avancent ainsi à pas feutrés dans les esprits.
 
L’enquête montre dans un premier temps que la plupart des Américains s’attendent à des évolutions inéluctables dans le domaine de la manipulation de l’être humain. Cela va du recours habituel aux greffes d’organes artificiels à l’élimination quasi totale des défauts génétiques ou congénitaux par la manipulation génétique des embryons : dans le premier cas, qui consiste à pallier un manque du corps humain sans vraiment le modifier fondamentalement, plus de 4 Américains sur 5 y croient, dans le second, qui entraîne un changement du code génétique cette proportion descend à 47 %, ce qui est tout de même très important.
 

Améliorer le cerveau et les performances physiques : les Américains pensent que c’est inéluctable

 
66 % des Américains sont persuadés que d’ici à 50 ans, on aura trouvé le moyen de « guérir la plupart des cancers », et 54 % s’attendent à ce qu’on greffera de manière habituelle des micropuces dans le corps humain. Ils sont presque aussi nombreux – 48 % – à penser que le corps sera muni de senseurs implantés pour vérifier et ajuster les prises de médicaments mais aussi de la nourriture quotidienne.
 
Tout cela correspond bien sûr à la multiplication d’annonces de ce type dans les médias et à l’idée s’installe dans les esprits : dans le domaine technique, tout est possible.
 
Est-ce ce que veulent les Américains ? Interrogés sur leur désir ou non de bénéficier de techniques d’amélioration du corps et du cerveau, ils y sont dans l’ensemble opposés. Même si, surprise, 48 % d’entre eux accepteraient une modification génétique embryonnaire pour leur propre enfant pour réduire les risques de maladie (ou plus précisément : 54 % des hommes, 43 % des femmes y seraient favorables).
 

Transhumanisme et greffe de micropuce : un Américain sur trois déjà d’accord

 
Ils sont respectivement 32 % et 35 % à accepter l’idée de l’implantation d’une micropuce dans le cerveau pour améliorer les capacités cognitives, et 35 % à envisager des transfusions de sang synthétique pour améliorer très fortement les capacités physiques. Si dans ce dernier cas l’amélioration devait leur permettre d’atteindre leurs performances actuelles les plus hautes, le pourcentage passe à 47 % ; si les capacités obtenues étaient « bien plus élevées que celles de n’importe quel être humain à ce jour », il descend à 28 %.
 
Bref, ils sont prêts à croire que demain, Astérix et Obélix ou Benoît Brisefer puissent ne plus apparaître comme des personnages exceptionnels – quelle perte pour les fans de BD !
 
Plus sérieusement, on voit ici la force du conditionnement médiatique et cinématographique et les ravages créés par la réification de l’homme à travers les techniques de procréation artificielle : les mises en gardes d’Aldous Huxley et de son Meilleur des mondes n’auront pas suffi. Ce n’est pas un hasard si les plus prudents, les moins enclins à approuver ces « améliorations » éventuelles de manière générale ou pour eux-mêmes, sont des personnes avec de fortes convictions religieuses.
 
La question est là en effet : s’il est légitime et bon de remédier aux défaillances de la nature, modifier le vivant lui-même, en touchant au message imprimé à la Création, est une tout autre affaire. Sans compter les possibilités de surveillance sans précédent que cela entraînerait.
 

Anne Dolhein