“Imagine” de John Lennon ? « La plus belle chanson du monde », selon Mgr Staglianò, président de l’Académie pontificale de théologie

Imagine chanson monde Staglianò
 

« Abolissons la religion, abolissons Dieu, abolissons le paradis. Qui dit cela ? John Lennon, dans la plus belle chanson du monde : Imagine. » La phrase est celle d’un évêque, et même d’un évêque qui préside, depuis le 6 août 2022, par décision du pape François, l’Académie pontificale de théologie. Mgr Antonio Staglianò a depuis peu un compte Instagram du nom de « Chiesa degli Artisti ». C’est là qu’il ouvre sa première courte vidéo avec ces paroles. Son intention ? choquer. Sa pensée ? Désastreuse.

Son objectif est clair : il faut une paix où personne ne commette de violence, où personne ne tue au nom de Dieu. Et la force, qui est une vertu, quand elle est juste ? Oubliée.

 

Mgr Staglianò porte Imagine aux nues

Mgr Staglianò proclame (je vous donne l’intégralité de ses propos) :

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Abolissons la religion, abolissons Dieu, abolissons le paradis. Qui dit cela ? John Lennon, dans la plus belle chanson du monde : Imagine.

Un hymne à la paix, un hymne universel à la paix. A-t-il raison ou tort ? Moi, évêque de l’Eglise catholique, je vous le dis : John Lennon a raison. Que dit John Lennon ? Il dit que, pour qu’il y ait la paix dans le monde, nous devons abolir cette religion pour laquelle je dois tuer ou mourir. « Nothing to kill or die for » : c’est ce vers qui donne l’interprétation adéquate et le sens juste à cette magnifique chanson

Nous devons abolir un paradis pour lequel je dois tuer ou mourir. Par exemple :

Le Valhalla des Vikings, où l’on entre l’épée au poing.

Le paradis luxuriant de l’intégrisme islamique, où l’on devient kamikaze et où l’on détruit la moitié du monde.

Le paradis catholique des croisades, pour lequel on allait se battre, on tuait tout le monde, on se faisait pardonner ses péchés et on allait au paradis.

Voilà le fond du problème. Moi non plus, comme John Lennon, je ne veux pas d’une religion, d’un paradis ou d’un dieu pour lequel je doive tuer ou mourir.

Et ne vous inquiétez pas, car Jésus de Nazareth l’avait dit deux mille ans avant John Lennon. Jésus de Nazareth, devant le Grand Prêtre, a dit : « Cesse de croire que mon Abba, mon Dieu, mon Père, a tué tous les premiers-nés d’Egypte, ou les cavaliers et les chevaux de l’armée égyptienne. Cesse de croire qu’il a demandé à Saül de passer au fil de l’épée hommes, femmes et enfants. »

Mon Abba n’est qu’amour. Il est toujours amour. Avec Lui, on ne peut faire que la paix, la réconciliation et le pardon.

Abolissons la religion.

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Ainsi même la guerre défensive pour défendre un Etat chrétien contre une invasion athée, nazie ou islamique serait-elle interdite ? Isabelle la Catholique, dont la cause est introduite, aurait-elle dû inviter les musulmans de Grenade à étendre leur territoire au lieu d’accompagner l’armée qui les a boutés hors d’Espagne ? Jeanne d’Arc ne devait-elle pas dire (ce général de 17 ans qui conduisit une armée contre une autre nation chrétienne) : « En nom Dieu, les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire » ?

 

Imagine, cette « belle chanson » qui abolit toutes les frontières

D’ailleurs, saint Michel fit-il vraiment bien de chasser Adam et Eve d’Eden au moyen d’une épée enflammée, et les laisser au sort mortel que leur valut leur péché ?

Et puis… Le Dieu de l’Ancien Testament ne serait-Il pas celui du Nouveau ? Le récit de la Mer Rouge, la délivrance des Juifs en Egypte ne serait-il qu’une espèce de mythe patriotique mobilisant le bon Dieu à des fins nationalistes ? Faut-il laisser se faire les génocides des chrétiens ? Les Vendéens n’étaient-ils que des sanguinaires qui ne comprenaient pas la beauté d’une République se battant au nom de la Fraternité ? Et les Cristeros, loin de défendre leur liberté de pratiquer la religion, auraient-ils dû rester chez eux, parce qu’il n’y a pas plus de raison de mourir pour le nom de Dieu que de se battre pour Lui ? Ni de mourir pour sa patrie… Nothing to kill or die for

Le propos n’est pas seulement contraire à ce qu’enseigne l’Eglise depuis des siècles, il est simpliste. D’ailleurs il a provoqué une avalanche de critiques négatives, auxquelles Mgr Staglianò a répondu dans une vidéo de la même eau, sous le titre : « Suis-je un évêque hérétique ? Suis-je en train de renier Dieu ? »

En voici la retranscription et traduction intégrales :

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Bien sûr que Lennon a tort ! Comment peut-on nier Dieu, le paradis et la religion en général ? Mais je ne parle pas de Lennon ; je parle de Imagine de John Lennon, et j’ai dit que Imagine a raison.

Quand il écrit « nothing to kill or die for », il exprime le génie du christianisme, car Jésus l’a dit : Dieu, s’il est Dieu, n’est que et toujours amour, donc il ne peut avoir rien à voir avec la violence. Nous ne pouvons pas adhérer à un Dieu pour lequel tuer ou mourir. Nous ne pouvons pas adhérer à un Valhalla viking pour lequel tuer ou mourir, ni même à un paradis catholique de ceux pour lesquels on partait en guerre : « Tuez, mourez et allez au paradis. »

On ne parle pas ici de la mort du martyr. Sais-tu faire la distinction entre un kamikaze qui se laisse mourir pour la foi et un martyr chrétien comme Don Pino Puglisi qui, alors qu’il meurt, sourit à son assassin et lui pardonne ? Si tu sais faire cette distinction, tu comprends que la mort dont il est question ici est la mort à la guerre.

J’ai dit que c’était très catholique, avec tout le respect que je dois à ceux qui me traitent déjà d’hérétique. Je suis évêque de l’Eglise catholique et le catholicisme se réfère au Magistère du Souverain Pontife.

As-tu déjà entendu le pape François dire qu’agir avec violence au nom de Dieu est satanique ? Ah oui, mais tu considères – peut-être es-tu sédévacantiste – que le pape François ne compte pas.

Et alors, qui compte ? Benoît XVI. As-tu déjà entendu Benoît XVI, dans sa conférence à Ratisbonne, dire qu’agir avec violence est contraire à la nature de l’âme et de Dieu ? Si tu places Dieu dans la violence, Dieu est contre nature. Point.

Et as-tu jamais entendu Léon XIV répéter, comme dans l’encyclique Magnifica Humanitas, la Lettre qui est en train de sortir, que Dieu n’a aucun rapport avec la violence ? Il ne faut jamais associer le nom de Dieu à la terreur, à la violence ou à la guerre. Point.

C’est cela, le catholicisme.

*

L’ennui du propos de Mgr Staglianò est qu’il est massif, sans nuances, idéologique : c’est de l’irénisme qui contredit le réalisme chrétien. Il ne tient compte d’aucune circonstance, d’aucune réalité, d’aucune intention – alors qu’une intention peut être bonne ou mauvaise, juste ou injuste. Oui, nous devons aimer nos ennemis, et vouloir leur bien – mais ils n’en sont pas moins nos ennemis !

 

Mgr Staglianò exalte l’hymne du mondialisme sans Dieu

Revenons donc à la chanson de John Lennon. Celle qu’on entend lors de toutes les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques depuis 2012. Elle porte toute l’idéologie du mondialisme sans Dieu, elle ne dit pas qu’il ne faut pas tuer ou mourir pour un faux paradis : elle pose le principe de l’absence de Dieu, du Ciel et de l’enfer pour décrire un monde où il serait possible de ne pas tuer ni de mourir pour une idée. L’évêque la prend à l’envers…

Imagine est l’hymne communiste, franc-maçonne, matérialiste par excellence : « Imagine qu’il n’y ait pas de possession… Pas de pays… Pas de religion… la fraternité de l’homme. » Avec sa mélodie planante, elle fait de la religion, des nations et de la propriété privée la cause de toutes les guerres et de toutes les souffrances, qui prône le socialisme international et, finalement, la mort de Dieu pour le bien de l’humanité. Singerie insupportable du salut.

 

Jeanne Smits