La police du sud du Pays de Galles ordonne à ses agents, par de nouvelles directives, d’enregistrer les conversations qu’ils jugeront anti-islam. L’union pour la liberté d’expression britannique (FSU) a justement fait observer que cela revenait à laisser la police déterminer quel discours sur l’islam était légitime et quel illégitime, ou « islamophobe », et mener ainsi arbitrairement une police de la parole et de la pensée. Si en effet, selon ces nouvelles directives, un agent estime que le seuil de l’inacceptable ou inapproprié a été franchi, un incident de comportement antisocial peut être enregistré même en l’absence d’infraction pénale. Avec toutes les conséquences que cela peut avoir, fichage, frein à l’emploi, etc. La loi sur le blasphème a été abolie voilà dix-huit ans au Royaume-Uni, ces directives laissent craindre que la police ne rétablisse à sa convenance sans base légale une surveillance du « blasphème » contre l’islam. Selon Lord Young, fondateur de la Free Speech Union, les autorités vont déjà dans cette direction en considérant les critiques de l’islam fondées sur des preuves comme des actes d’hostilité. La Convention européenne des droits de l’homme garantit la liberté de pensée, de conscience et de croyance, y compris le droit d’exprimer des opinions critiques à l’égard des doctrines religieuses. Mais cette protection légale est vaine si l’expression d’opinions controversées, mais licites, peut entraîner un contrôle policier.











