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Polémique en Italie, le curé de Potenza a mis une Vierge en hijab dans sa crèche « musulmane »

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Le P. Franco Corbo, d’une paroisse de Potenza dans la Basilicate au sud de l’Italie, a réussi à se mettre un grand nombre d’autochtones à dos en installant une crèche des plus polémiques. La Sainte Vierge semble plus occupée à serrer son hijab au-dessus de son menton qu’à contempler l’Enfant Jésus tandis que Joseph porte des habits traditionnels arabes. Loin de promouvoir l’amitié entre les catholiques et les nombreux migrants musulmans accueillis dans cette petite ville proche des côtes méridionales, l’interprétation islamique de la nativité suscite l’indignation, l’incompréhension, la colère.
 
L’adaptation des crèches aux images culturelles locales n’a en soi rien de choquant. La Vierge Marie est la plus belle des femmes pour tous, et aucun catholique n’est irrité de la voir avec des traits européens, orientaux, africains, lapons ou indiens d’Amérique du Sud, entourée du ravi provençal ou du berger habillé à la mode juive… Même le curé est le bienvenu dans la crèche. Le symbolisme de tout cela est catholique, précisément : l’histoire de Bethléhem appartient à tous, est proche de tous, elle est actuelle, elle est de toujours. Et pour les habitants du sud de l’Italie, avec ses crèches napolitaines si délicates, l’image du petit Jésus couché sur la paille et entouré d’un foisonnement de visages et de couleurs fait partie, profondément, de l’identité locale. Ceux de Potenza n’y ont plus droit.
 

Une Vierge en hijab dans une crèche en Italie : la colère des habitants

 
Le curé de Potenza a manifestement voulu bousculer les codes. Il a son grain à moudre, très évident puisque la tente bédouine qui accueille la Sainte-Famille dans son église de Sainte-Anne et Saint-Joachim est surmonté d’une bannière portant ces mots en lettres arc-en-ciel : « Construisons des ponts et non des murs. »
 
La citation est du pape François, mais la presse locale n’hésite pas à mettre en avant sa perplexité et celle des habitants interrogés, parlant de « provocation » et assurant que l’initiative aura pour résultat « non de rendre les gens meilleurs » mais d’accentuer leurs divisions.
 
La journaliste parle carrément de « crèche musulmane » tandis que sa caméra s’attarde sur des petits écriteaux arc-en-ciel qui parsèment la crèche, et sur un roi mage fumant le narguilé – à l’évidence, tous les personnages ont été faits sur mesure. Sur le côté, une carte de vœux géante datée de Marrakech montre des femmes en burqa autour d’un nouveau-né ; un petit bateau rempli de Somaliens traverse une mare pour atteindre le centre de la crèche. On peine à y voir un appel à l’évangélisation, puisque Marie, Joseph et d’autres personnages de la crèche semblent s’être plutôt convertis à l’islam…
 

Don Franco Corbo, curé de Potenza, a inventé la crèche musulmane

 
Une habitante de Potenza dit son désarroi devant la caméra – elle était venue voir, pensant que ce qu’on avait raconté à propos de la crèche de Potenza était un canular : « Il n’y a pas de mots. » Un homme d’un certain âge renchérit : « Cela ne me convient pas du tout. »
 
Le curé, lui – que le reportage montre en photo serrant les mains du pape François – explique qu’il a voulu montrer que la crèche doit attirer tout le monde. « En second lieu, le messages est celui du dialogue avec les diverses religions, plus et aussi avec l’islam parce que le Christ est venu pour tous. » Ailleurs, il explique avoir voulu inviter à l’ouverture mentale et culturelle. Y a-t-il des résistances ? Certes, reconnaît-il. « Mais cela résulte seulement de la fermeture mentale et d’une forme d’intégrisme »… L’islam est « synonyme de paix et de fraternité », insiste-t-il.
 
Mais le Christ n’est pas venu pour que sa mère adhère à l’islam et adopte sa vêture qui est en soi une affirmation d’identité et d’appropriation de l’espace…
 
On n’imaginerait pas en France la réaction des médias italiens : la chaîne TGcom24 qui travaille avec les plus grandes agences mondiales achève son reportage sur deux paroles critiques. Celle d’un homme qui qualifie tout cela de « bizarre » juste après les paroles du P. Corbo, et celle d’une femme qui se lamente : « Il faut toujours que nous adaptions aux autres et jamais que les autres s’adaptent à nous… »
 

Anne Dolhein