fbpx

L’OMC donne raison à la Chine contre des mesures antidumping aux Etats-Unis

OMC Chine mesures antidumping Etats Unis
 
La Chine accueille avec la satisfaction que l’on imagine la décision par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) mercredi, de condamner les Etats-Unis pour certaines mesures antidumping prises à son encontre. Le Global Times, version anglophone du Quotidien du Peuple sous contrôle du gouvernement chinois, publiait jeudi un éditorial saluant le « rôle montant » de la Chine dans cette organisation internationale. Le quotidien souligne que la Chine a désormais une « meilleure conscience de la manière d’utiliser les règles de l’OMC pour protéger ses propres intérêts », et on peut dire que l’OMC est toute disposée à la suivre sur ce chemin.
 
C’est en décembre 2013 que la Chine a demandé l’ouverture de consultations avec les États-Unis au sujet de l’utilisation de certaines méthodes dans les enquêtes antidumping visant des produits chinois. Le Japon, la Russie et l’Ukraine ont demandé aussitôt à participer aux consultations, ce qui a entraîné la constitution d’un groupe spécial dans lequel l’Arabie Saoudite, le Brésil, le Canada, la Corée, la Norvège et l’Union européenne ont également réservé leur droit de tierce partie en attendant d’être rejoints par quelques autres.
 

La Chine est très satisfaite de l’Organisation mondiale du commerce…

 
L’établissement du rapport spécial a pris plus de deux ans et demi. Concernant la mise en place de mesure antidumping par les Etats-Unis, la Chine les accuse d’utiliser à mauvais escient des dispositions de l’accord contre le dumping en ne produisant pas de manière satisfaisante des données sur des « différences significatives de prix à l’exportation » qu’ils alléguaient. L’OMC a donné raison à la Chine sur ce point, reprenant les divers arguments juridiques qu’elle a produits.
 
A sa demande, l’OMC a également rejeté la justification des décisions américaines consistant à traiter en bloc les exportations des pays n’ayant pas le statut d’économie de marché – c’est le cas de la Chine – en établissant une présomption de contrôle gouvernemental sur toutes leurs exportations. D’autres manquements évoqués par la Chine n’ont pas été retenus, mais au final, les États-Unis ont bien été invités à ajuster leurs mesures pour que la Chine puisse « bénéficier des avantages résultant pour elle de l’Accord antidumping et du GATT ».
 
« La Chine n’est plus l’étudiant à qui l’on doit faire la leçon pour qu’il respecte les règles » de l’OMC, en conclut l’éditorial duGlobal Times : « La victoire de la Chine dans cette affaire prouve que le pays est devenu suffisamment mature pour protéger ses avantages grâce aux règles en vigueur. »
 

La Chine entend utiliser l’OMC contre les mesures antidumping des Etats-Unis

 
Suite à la publication de la décision de l’OMC, la Chine voit dans les assurances du secrétaire d’Etat au Commerce américain de ne pas vouloir laisser porter atteinte à l’engagement des Etats-Unis de mettre en place des droits antidumping face au dumping dommageable, la preuve d’une « montée du protectionnisme » et elle prévoit déjà l’annonce de mesures supplémentaires pour favoriser les exportations chinoises vers le marché américain.
 
« Pour contrer les retombées des politiques protectionnistes de la part des États-Unis, il est extrêmement important que la Chine conserve sa rationalité et qu’elle en appelle aux règles de l’OMC, au lieu de s’engager dans une guerre commerciale “perdant-perdant” entre les deux plus grandes économies du monde », affirme l’éditorial chinois.
 

La Chine, membre « mature » de l’OMC, veut plus de libre-échange

 
Devant prochainement obtenir le statut d’économie de marché, nonobstant la nature communiste du pouvoir chinois, la Chine est évidemment soucieuse de continuer de profiter des avantages que lui procure depuis de longues années sa présence dans l’OMC et les règles qui lui sont favorables. Elle voit avec inquiétude, comme on le constate dans cet éditorial, les menaces du candidat Donald Trump de quitter l’Organisation mondiale du commerce.
 
De son côté, « près de 15 ans après son accession à l’OMC, la Chine est aujourd’hui en position de promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce global », assure le journaliste chinois.
 
« La Chine a annoncé son intention de promouvoir un réseau de libre-échange global de haut niveau et on s’attend à ce qu’elle joue un rôle plus important au sein de l’OMC. Nous croyons que la Chine apportera du sang neuf à l’organisation internationale à mesure qu’elle soutiendra le libre-échange et la coopération parmi ses membres. Avec cette dernière décision de l’OMC, les États-Unis doivent se rendre compte qu’ils ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent ni continuer d’avoir recours au protectionnisme », conclut le Global Times.
 
Est-ce donc une véritable prise en mains qui s’annonce ?
 

Anne Dolhein