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COMEDIE Un petit boulot •


 
Un petit boulot renvoie dans son titre à un travail précaire, de durée brève, qu’accepterait volontiers un chômeur de longue durée. Or, ce petit boulot en question est tout de même très particulier : un parrain local demande à un chômeur de sa connaissance, endetté auprès de lui suite à des parties de poker clandestin, de tuer sa femme. Elle le trompait, chose paraît-il inadmissible suivant le code d’honneur du milieu criminel. Après un temps minimal d’hésitation morale, le chômeur finira par accepter cette proposition singulière et criminelle.
 

Un petit boulot peine à convaincre

 
Le ton dominant est celui de l’humour noir. Il repose sur le duo d’acteurs principaux, Michel Blanc et Romain Duris, à peu près convaincants, du moins pour Michel Blanc en mafieux local franco-belge. Cet humour noir fonctionne parfois, sait amuser à l’occasion un public non réfractaire, mais ne convaincra pas nécessairement dans la durée. Un petit boulot a été pensé fondamentalement comme une comédie, mais il hésite en permanence entre un minimum de réalisme, ou du moins de cohérence de l’intrigue, et une franche loufoquerie. De même, le film comporte un aspect fort juste de drame social : moult grandes usines ont fermé à la frontière franco-belge condamnant des dizaines de milliers d’employés au chômage. Le problème ne réside pas uniquement dans la destruction immédiate et massive d’emplois, mais aussi dans l’absence de reconstitution du même stock d’emplois, et ce pour une population peu mobile : qui quitterait volontiers sa maison, sa famille, ses amis ? Le chômage massif peut en effet générer une délinquance de pauvreté –expliquer n’est pas justifier – une désespérance sociale, ou une paupérisation à peine contenue par un travail précaire. Un emploi de pompiste peut en effet correspondre à une place enviable dans un contexte de chômage massif. Des patrons ou cadres cyniques peuvent abuser de la situation. Il est dommage que ce dernier thème soit traité de manière excessive, et grossière. Le mélange entre le drame social et la comédie s’assemble de manière parfois maladroite, sinon improbable.
 
Un petit boulot peine donc à tenir la longueur. Une liaison entre un criminel et une policière est tout de même hautement improbable. Quelques scènes tiennent du surréalisme. Le spectateur ne sait pas comment les interpréter. Le film laisse une impression très bizarre. Il n’est pas totalement mauvais ou manqué, mais ne réussit pas vraiment à convaincre. Et même si l’on admet l’humour noir, assassiner les gens n’est tout de même pas un « métier » normal. Il manque une condamnation morale, quand bien même elle ne serait qu’implicite et ne se situerait que sur le seul plan narratif.
 

Hector JOVIEN

 
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