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Les Suédois hostiles à l’Union européenne : les effets secondaires de la crise des migrants

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Selon un sondage daté de lundi, le soutien à l’appartenance à l’Union européenne parmi la population suédoise s’est effondré en raison de la crise des migrants. Qu’ils soient ou non partisans de l’appartenance, d’ailleurs, la majorité d’entre eux estime en tout cas que l’UE va dans une mauvaise direction, faute de savoir gérer correctement le déferlement de réfugiés.
 
Si l’an dernier, 59 % des Suédois, aux termes d’un sondage similaire, estimaient que l’appartenance à l’UE était une bonne chose, ils ne sont plus que 39 % aujourd’hui. Sur les 1.142 personnes de l’échantillon, environ un cinquième pense même que l’appartenance est elle-même une mauvaise chose.
 
Ce qui a changé depuis l’année dernière, c’est l’arrivée de plus de 160.000 demandeurs d’asile en Suède : c’est le facteur qui a certainement joué un « grand rôle » dans la désaffection des Suédois pour l’Union européenne, selon le politologue Magnus Blomgren.
 

Un sondage révèle que les Suédois sont plus hostiles qu’avant à l’UE

 
Le pic des arrivées de réfugiés, passant les frontières à raison de 10.000 par semaine en novembre dernier, couplée avec l’exaspération de la population, a conduit les autorités à déclarer alors qu’elles ne pourraient plus accueillir de nouveaux arrivants. C’est à cette date que la coalition minoritaire social-démocrates-verts a mis en place des contrôles aux frontières et des règles plus strictes, marquant un virage à 180° par rapport à la politique d’asile généreuse pratiquée par la Suède depuis si longtemps.
 
La Suède accuse désormais le reste de l’Union européenne de ne pas prendre sa part du problème. Le Premier ministre Stefan Lofven s’est ainsi indigné le mois dernier devant le Parlement européen, déclarant : « Il y a rarement eu autant de personnes déplacées dans le monde qu’aujourd’hui, mais rarement a-t-on vu si peu de pays européens se dresser et se dire prêts à agir. »
 
L’exemple du Brexit n’est pas pour rien dans la désaffection exprimée par les Suédois. Ceux-ci s’intéressent de près au référendum britannique, et ce d’autant plus que la Suède, comme le Royaume-Uni, est restée en dehors de la zone euro et qu’elle a privilégié les liens avec le partenaire britannique à Bruxelles.
 

Les effets secondaires de la crise des migrants : l’hostilité à l’égard de l’Union européenne

 
A-t-on atteint en Suède le même niveau d’euroscepticisme qu’au Royaume-Uni ? Un sondage ne fait pas le printemps, mais plus de la moitié des sondés suédois ont affirmé que l’Union européenne partait dans une mauvaise direction, contre 8 % seulement qui constatent une amélioration.
 
Les réalisateurs du sondage, mené à la demande de la télévision suédoise par SIFO, se sont empressés de noter que les résultats avaient pu être affectés par un changement de méthodologie : le sondage le plus récent a été fait à partir de réponses à un questionnaire en ligne, tandis que celui de l’an dernier était basé sur des entretiens individuels.
 
Mais peut-être faut-il en conclure que le sentiment de pouvoir répondre de manière totalement anonyme sur Internet révèle des antagonismes plus anciens, cristallisés par la grave crise dont l’Union européenne est perçue comme totalement responsable.
 

Anne Dolhein