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La Turquie promet à l’Union européenne de tout faire pour réduire le nombre de migrants

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Angela Merkel et Ahmet Davutoglu à Berlin vendredi 22 janvier 2016.


 
La Turquie s’est engagée vendredi auprès de l’Union européenne à tout faire pour parvenir à une réduction du flux de migrants, dont le nombre ne fait jusqu’ici que grandir dans les pays européens. C’est du moins ce que promet un communiqué publié après une rencontre entre le chancelier allemand et son homologue turc à Berlin.
 
Selon ce document commun, le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a souligné l’engagement de son gouvernement à faire tout ce qui est possible afin de réduire, et de façon importante, le nombre de migrants illégaux dans un avenir proche.
 

La Turquie promet de réduire le nombre de migrants

 
Le texte souligne également que les migrations irrégulières dans la région sont une menace pour la stabilité régionale, et qu’il convient donc de traiter ce problème – en commun – dans la plus grande urgence. Le premier ministre turc s’est également engagé à prendre des mesures appropriées concernant certains pays tiers, notamment en se montrant plus ferme en ce qui concerne les ressortissants arabes n’ayant pas besoin de visa pour se rendre en Turquie.
 
Angela Merkel a d’ailleurs donné quitus de cela à son homologue en affirmant qu’Ankara avait commencé à assurer un processus plus ordonné des migrations.
 
Une phrase floue, et qui ne coûte pas grand-chose. Il n’est pas sûr que les Européens, et notamment les Allemands, aient perçu une grande différence entre le début de ce « processus » et la situation antérieure…
 
Quoi qu’il en soit, Angela Merkel semble décidé, du fait, sans doute, des critiques dont elle est actuellement l’objet sur ce dossier, à appuyer l’idée de ce processus turc. Elle a donc de nouveau assuré son visiteur turc que les trois milliards d’euros pour aider la Turquie à s’occuper des 2,5 millions de réfugiés syriens sur son territoire seraient bien versés, Bruxelles ayant donné son accord en novembre dernier. Accord de principe, puisque, pour l’heure, l’Union européenne semble peiner à en boucler le financement…
 

L’inquiétude de l’Union européenne

 
Il est vrai que, si Berlin joue le jeu avec Ankara, nombre de dirigeants européens estiment cependant que la Turquie ne coopère pas véritablement, du moins pas suffisamment, à la résolution de cette crise migratoire.
 
Pour Angela Merkel, l’entente avec la Turquie est néanmoins vitale – sauf à admettre qu’elle s’est tout à fait trompée en cette histoire. Aussi multiplie-t-elle les engagements vis-à-vis d’Ankara, sans même avoir la certitude que ses partenaires européens accepteront de la suivre. Ainsi a-t-elle une nouvelle fois milité pour des contingents légaux de migrants à destination de l’Union européenne depuis la Turquie. Elle a en outre assuré son homologue vouloir parvenir à suppression des visas pour les Turcs souhaitant se rendre dans l’espace Schengen d’ici octobre, condition imposée depuis le début par Ankara pour admettre sur son territoire les migrants refoulés aux portes des pays européens, mais qui fait tiquer nombre de responsables occidentaux. Certains migrants ne pourraient-ils profiter de cette libéralisation pour entre légalement dans l’espace Schengen alors qu’ils ont été refoulés précédemment ?
 
On ne sait si, en définitive, le Conseil européen parviendra à un accord interne sur ce qu’il convient ou non de faire avec la Turquie. On peut cependant s’interroger sur le bon déroulement de ce processus. Lorsque François Hollande annonce officiellement vendredi soir vouloir prolonger l’état d’urgence jusqu’à fin mai, comme cela se murmurait depuis quelques jours, il fait au moins preuve d’un certain scepticisme vis-à-vis de la solution turque…
 

François le Luc