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DRAME HISTORIQUE Un Français ♠


 
Un Français entend s’intéresser au destin d’un Français, un petit blanc de la banlieue parisienne des années 1980 à nos jours, avec une insistance particulière sur son militantisme dans la mouvance d’extrême droite skinhead et son compagnonnage avec le Front national, jusqu’en 1995. Ces militants seraient des imbéciles, des lâches – frappant des vieux, des hommes à terre, etc. –, des détraqués sexuels, des alcooliques, pour beaucoup des drogués… Rien de moins. Le tout filmé de manière fort vulgaire, avec la plus détestable complaisance sur les scènes de sexe ou de violence. Toutefois, de manière constante, Un Français alterne les caricatures outrées jusqu’à l’absurde, et les choses vraies, correctement documentées, comme certains discours de dirigeants locaux ou nationaux du Front national des années 1980-1990. Finalement, cet antihéros découvrirait que les immigrés seraient de fort braves gens, et surtout tout aussi « Français » que lui. Bref, ce film relève de l’œuvre de propagande la plus détestable, largement diffusée dans les cinémas, et payée avec nos impôts évidemment.
 

Un Français aime Big Brother

 
L’antihéros finit encore plus seul qu’à son point de départ, en sa tour de banlieue. Il n’a pas remplacé le militantisme renié par l’un de ses contraires explicites, mais par un vague humanisme mettant sa confiance en l’Homme et par des engagements humanitaires réputés « apolitiques », mais concrètement de gauche. On ne sait trop pourquoi il agresse donc des volontaires, ses anciens camarades, distribuant aux malheureux de la Soupe à Cochon. Le réflexe pavlovien est parfaitement intégré. Un Français montre avec art, de manière aussi juste qu’au fond involontaire et terrible, le reconditionnement total d’un dissident, plutôt gentil et faible intellectuellement, influençable. Cet ancien « fasciste » en vient à éprouver des sensations de dégoûts au spectacle de la Manif pour Tous, pourtant fort consensuelle – peut-être trop – et bon enfant. Un anticatholicisme est aussi discrètement instillé en quelques scènes. A la fin, il aime Big Brother et déteste ses opposants. Le spectacle reste parfaitement détestable, mais intéressant à ce seul titre.
 

Hector Jovien