Politique migratoire en Allemagne : le ministre Wolfgang Schäuble reconnaît des erreurs

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Wolfgang Schäuble

 
Dimanche dernier, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, membre du CDU (l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne)  a reconnu des erreurs dans la décision d’ouvrir les frontières allemandes à plus d’un million de migrants pendant les deux dernières années. La politique migratoire, qui met le CDU et son chef de file, le chancelier Angela Merkel en situation délicate, sera de toute évidence au centre des débats politiques aux élections de septembre prochain. Elle profite à l’adversaire anti-immigration du CDU : l’AfD, Alternative pour l’Allemagne.
 
« Nous avons essayé de faire mieux, après que la situation nous a échappé en 2015 », a expliqué Schäuble au journal Welt am Sonntag: « Nous autres, hommes politiques, nous sommes humains ; nous faisons aussi des erreurs. Mais au moins pouvons-nous en tirer des leçons. »
 

La politique migratoire de l’Allemagne dénoncée par Wolfgang Schäuble

 
Le parti des chrétiens-démocrates d’Angela Merkel n’a pas le vent en poupe : à la suite de plusieurs attaques perpétrées par les migrants, il a perdu le soutien de l’AfD qui est en passe de devenir le troisième parti politique d’Allemagne aux élections de septembre 2017.
 
La question migratoire divise également l’Union européenne où de nombreux pays s’opposent à la politique de quotas nationaux de réfugiés. Schäuble insiste sur la nécessité d’harmoniser les prestations sociales pour permettre une meilleure répartition des migrants au sein des pays membres de l’UE : « Nos normes dans le domaine des prestations sociales, explique le ministre, sont bien plus élevées que dans nombre de pays européens. C’est pourquoi tant de personnes désirent venir chez nous. »
 

La politique migratoire de Merkel empreinte d’« erreurs », selon un ministre

 
Un sondage réalisé en Allemagne au début du mois de janvier a montré que la question de la politique migratoire serait au centre des préoccupations des électeurs aux élections de septembre 2017. Angela Merkel, qui brigue un quatrième mandat de chancelier, s’est entretenue samedi par téléphone avec Trump, qui en août 2015, avait qualifié d’« erreur catastrophique » sa décision d’ouvrir les frontières aux réfugiés, en particulier ceux venus du Moyen-Orient. En septembre dernier, à la suite de la défaite de son parti au élections de Berlin, Merkel précisait qu’elle aurait souhaité revenir en arrière sur la question migratoire, sans toutefois aller jusqu’au mea culpa. Si Mme Merkel a rejeté les appels du parti frère bavarois du CDU à limiter le nombre de nouvelles entrées de migrants, elle affiche désormais une politique plus agressive sur la question du rapatriement des migrants qui se sont vu refuser le droit d’asile, et sur celle de la prévention de semblables vagues migratoires depuis le continent africain.