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Un nombre croissant de banques américaines s’intéressent au « business » de la marijuana

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L’argent n’a pas d’odeur.


 
C’est la suite logique de la légalisation de la marijuana « récréative » : le « business » du cannabis a besoin d’accéder au système bancaire. Comme la marijuana est aussi lucrative, un nombre croissant de banques américaines se dit prêt à fournir des services bancaires aux trafiquants d’hier, devenus des hommes d’affaires tout à fait acceptables là où le trafic est devenu légal.
 
Dans l’Oregon, Etat pionnier de la légalisation, les services fiscaux ont pour l’heure ouvert des services spéciaux, hautement sécurisés, où les dépôts de sommes considérables peuvent se faire en toute sécurité pour payer les impôts qui accompagnent la régularisation de cette industrie. Les dépôts se font en liquide. Mais cela pourrait bientôt changer.
 

Les banques américaines sont prêtes à travailler au service du « business » de la marijuana

 
Selon des données fédérales, le nombre de banques et autres établissements de crédit se disant prêts à gérer l’argent de la marijuana est passé de 51 en 2014 à 301 le mois dernier. Et aujourd’hui, dans l’Etat de Washington, où la première expérience de légalisation a démarré il y a trois ans, les autorités fiscales s’apprêtent à exiger des paiements électroniques de ces sociétés qui n’éprouvent plus aucune difficulté à ouvrir un compte en banque, selon un avocat spécialisé dans les sociétés de vente de cannabis.
 
Le régime de prohibition toujours en vigueur sur le plan fédéral fait que les sociétés de vente de marijuana ne peuvent pas encore recevoir des paiements par carte bancaire, les craintes subsistant quant aux responsabilités liées à ces paiements et aux risques de blanchiment d’argent. Mais les magasins de vente légaux dans l’Etat de Washington, le Colorado et l’Oregon s’équipent de distributeurs de liquide pour faciliter les transactions, là encore en plein accord avec les banques.
 

Les banques, un maillon indispensable pour récolter les taxes sur la marijuana

 
Cela fait deux ans que le Trésor américain a autorisé celles-ci à faire des affaires avec des entités légales liées aux trafics du cannabis ; elles sont notamment chargées de vérifier que tout se passe selon les règles.
 
Dans l’ensemble, l’affaire s’est révélée juteuse, aussi bien pour l’État que pour les banques. L’Oregon, par exemple, a déjà encaissé près de 7 millions de dollars en taxes sur le cannabis en janvier et février de cette année : c’est plus qu’il n’entendait récupérer sur l’année tout entière.
 
Voilà qui va soutenir les efforts du monde des affaires de la marijuana qui fait pression pour obtenir une solution fédérale à ses difficultés bancaires. On parle d’une industrie qui va devenir trop importante pour être ignorée. Les Etats-Unis semblent surtout s’intéresser aux revenus qu’ils peuvent en espérer.
 

Anne Dolhein