Emeutes PSG : Villepin sonne le tocsin du négationnisme de l’immigration

 

Cette fois c’est trop voyant. La nuit d’émeutes qui a pris pour prétexte la victoire en foot du PSG était trop évidemment liée à la submersion causée par la politique d’immigration. Elle suivait immédiatement une foule de « faits divers » du même tonneau, et les déclarations répétées, convergentes, coordonnées, de MM. Mélenchon et Bagayoko, le maire de Saint-Denis, qui appelle de ses vœux une insurrection populaire de la Nouvelle France en cas de victoire du RN en 2027. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de la présidentielle de 2027 et des sondages qui flambent pour Jordan Bardella.

Alors, le système devait réagir en urgence pour essayer, in extremis, de tromper encore une fois les Français et sauver sa mise. Dominique dit « de Villepin », vieux marcheur de la chiraquie défaite et invité vedette de la fête de l’Huma, a donc sonné le tocsin : circulez, y a rien à voir, le PSG c’est la France, il n’y a pas eu d’émeutes, juste quelques casseurs sans lien avec l’immigration. Bardella doit « s’excuser ». C’est du pur négationnisme, dévidé avec une morgue pleine d’aplomb pour sauver l’avenir de la révolution-invasion.

 

« Homme de droite », Villepin sonne le tocsin du système

On ne va pas rappeler le contexte qui établit surabondamment l’incidence déterminante de l’immigration sur les difficultés actuelles de la France, en matière de sécurité notamment : il est pléthorique, et les Français l’ont à l’esprit. C’est pour cela, plus que pour la qualité de son programme, que le RN a le vent en poupe : il profite de la vista de son prédécesseur, le FN. Ce moteur du succès, la vision nette de la catastrophe qui menace la France à court terme maintenant, le système doit le casser à tout prix pour survivre. De prétendus historiens, sociologues, etc., s’y emploient nuit et jour dans l’audiovisuel public, les médias dominants, l’art, l’école et les spectacles, et la France insoumise organise les forces d’une éventuelle guerre civile. Mais pour piper l’attention du vulgum pecus, de cette partie des Français trop paresseusement attachés à la paix pour ouvrir les yeux, il y a Dominique Galouzeau de Villepin. Un ancien Premier ministre « de droite », l’homme qui a tenté le CPE, l’orateur du discours de l’ONU en 2003 refusant la guerre en Irak.

 

Le truc pour découpler les émeutes PSG de l’immigration

Et que dit-il, ce « gaulliste » ? Jordan Bardella ayant parlé des jeunes issus de l’immigration qui « ne ratent jamais une occasion pour exprimer leur rejet des institutions », Villepin a répondu sur RTL : « C’est un mensonge. On le sait statistiquement. Quand on regarde les comparutions immédiates. (…) J’apprécierais qu’il puisse le constater, le vérifier et s’excuser. » Puis, passant du particulier au général, Villepin accuse Bardella de contribuer par son simplisme à « cliver la société française et monter une partie de la société contre une autre et à nous empêcher de trouver les vraies réponses qui doivent passer par une vision pragmatique de la situation ». Cette déclaration fracassante et comminatoire doit s’examiner sous plusieurs angles. Le premier est le ton : c’est celui du professeur, de politique, de méthode, et de morale. Bardella doit s’excuser car il divise les Français d’une part, et parce qu’il commet une grosse bourde de l’autre.

 

Villepin, prof de morale mais ministre de carton-pâte

Galouzeau de Villepin serait bien en peine de fournir un élément justifiant ce rôle d’arbitre compétent et sage. Aux affaires, il a été, malgré ses mines intraitables, incapable de mener sa réforme CPE, et n’a pas montré plus d’autorité face aux émeutes de banlieue de 2005, première grosse faillite de l’Etat en la matière. C’est lui, déjà, qui avait conseillé à Chirac la désastreuse dissolution qui avait donné en 1997 le pouvoir à la gauche pour cinq ans. Et ne parlons ni de ses montages barbouzards dans l’affaire Clearstream (qui donnèrent envie à son camarade de chiourme Sarkozy de « le pendre à un croc de boucher » (sic)), ni de ses petites indélicatesses. Mister Statuettes est mal fondé à donner des leçons de maintien politique. C’est un bellâtre de club-house grimé en nobliau, une chevelure qui se prend pour un crâne.

 

Un négationnisme d’un simplisme affligeant

Son argumentation de tranche-montagne est d’ailleurs d’un simplisme affligeant. Pour démontrer que l’immigration ne fait rien à l’affaire des émeutes PSG, pour tenter de nourrir rationnellement son négationnisme de principe, il réduit toute la question aux premiers procès en comparution immédiate. Procédé d’une grossièreté primitive, car, si l’on prétend savoir les « choses statistiquement », il faut prendre un échantillon représentatif, ce qui n’est pas le cas. Les raflés en comparution immédiate ne représentent pas le peuple des émeutiers. On aurait aimé d’ailleurs que Villepin nous en dise un peu plus. Pourquoi ces comparutions immédiates infirmeraient-elles Bardella ? Parce que les prévenus étaient français ? Mais on peut être français et issu de l’immigration ! Alors ? Alors on craint de prendre Villepin en flagrant délit d’observation racialiste : ce qu’il suggère, c’est que les Blancs et les Européens seraient majoritaires dans les comparutions immédiates.

 

L’approche raciale de Villepin pour nier le rôle de l’immigration

C’est possible et nous n’en savons rien, n’ayant pas accès au dossier comme l’ancien Premier ministre (par quel biais, d’ailleurs ?). Mais puisqu’on en parle, on aimerait savoir qui sont ces jeunes gens : y trouve-t-on des militants politiques ? Associatifs ? Quelle part l’extrême-gauche y trouve-t-elle ? Voilà d’autres manières de se trouver liés à l’immigration. En tout état de cause, ce n’est qu’une goutte d’eau dans la marée qui a déferlé sur la France et les quelques exemples recueillis par RITV, dont la profanation « bénigne » de la statue de Jeanne d’Arc par le fils du rappeur Khaled, montre qu’une partie de l’immigration en France, dont Bagayoko est la figure dominante, part à la conquête de l’espace public dans une posture d’affrontement. Et, concernant les émeutes PSG, elles dessinent doucement une guerre encore peu létale mais déjà bien physique.

 

Emeutes PSG : fruit d’une révolution globale dont l’immigration est un moyen déterminant

Le fait est d’ailleurs si visible qu’une fois le coup de tocsin sonné par Villepin (les grosses cloches alarment la population dans l’espoir de couvrir de leurs vastes accents toute possibilité de réflexion), d’autres esprits un peu plus subtils ont tâté d’un négationnisme plus élaboré pour chasser de l’esprit des Français ce gros mot qu’on ne saurait voir, l’immigration. Ainsi Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, qui a relevé un « problème d’éducation », et d’autres une faillite de « l’autorité ». Tout ce beau monde a parfaitement raison. L’autorité, l’éducation, vont mal en France. 1968 fut un repère à cet égard et depuis lors la plupart des gouvernements, de droite ou de gauche, ont aggravé la situation – mais cet effondrement s’est accentué des effets de l’immigration et s’est conjugué avec elle. Les jeunes issus de l’immigration et la jeunesse de souche issue de la politique d’immigration et de non éducation induite sont au cœur de la situation actuelle. Désolé pour Villepin, mais Bardella a moins tort que lui. Il devrait aller s’excuser.

 

Pauline Mille