Nouvelle France à La Baule : immigration, mot interdit

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Le maire LR de La Baule-Escoublac, Frank Louvrier, est inquiet. La plage n’est plus ce qu’elle était. Des dizaines de jeunes gens « venus de Nantes » se sont battus sur le remblai, dérangeant ceux qui prenaient le soleil. C’est grave. Et il a tout de suite donné son explication. Selon lui, « La Baule n’est plus une station balnéaire, c’est une ville balnéaire à l’année », et il convient donc de « désaisonnaliser les renforts de police ». La presse a relayé : « Troubles à la Baule » (Ouest-France), « Des voyous venus de l’extérieur » (VA), « Bagarre dans la rue », « Rixe géante entre jeunes Nantais ». La Nouvelle France conquiert les beaux quartiers, y sème la chienlit : que fait donc la police ? Dans ce grand concert de déploration, un mot semble interdit, qui s’impose pourtant quand on regarde les images de la bagarre et celles d’un train littéralement pris d’assaut : immigration.

 

Immigration ? Chut, pas ce mot ! Ni Nouvelle France !

Que Frank Louvrier ne l’ait pas prononcé relève de la normale, c’est le LR mou du genou type, communicant, favorable au mariage gay, soutien de Valérie Pécresse en 2022, le genre d’élu qui ne comprend rien à l’évolution de la société et ne veut pas de vagues tant que la confiserie marche à peu près. Mais l’autocensure de toute la presse est sidérante : même notre confrère Boulevard Voltaire, qui montre souvent du courage et de la lucidité, n’écrit pas une seule fois dans le papier qu’il consacre à la chose le mot immigration. Ni non plus l’expression Nouvelle France. Comme si la chienlit noire de La Baule n’était pas due, comme les émeutes de banlieue, comme l’assassinat de Samuel Paty, comme tant d’autres faits de société dangereux et désagréables, à la politique d’immigration menée par la France depuis cinquante ans.

 

L’interdit de La Baule pèse sur la France entière et le calvaire qu’elle vit

« Voyous », « Cassos », « troubles », « rixes », etc. : non seulement le mot important n’est pas prononcé, mais tout le récit tend à égarer l’esprit sur des causes secondaires. De même que ces « jeunes Nantais », autre fausse piste, comme les Toulousains du Mirail ou les Marseillais des quartiers nord ou la cuisine « méditerranéenne » mise à l’honneur par Bally Bagayoko. Oui, les délinquants venaient de Nantes, et certainement le désordre entretenu par les maires de Nantes successifs depuis les ZAD relatives au projet avorté d’aéroport, joue-t-il un rôle non négligeable, mais le vrai problème de fond, ce sont toutes les conséquences non maîtrisées d’une folle politique d’immigration. Du moment qu’on s’interdit le mot immigration on s’interdit aussi de comprendre le problème et de le résoudre. La Nouvelle France n’est pas l’ancienne, et, comme l’a fort clairement expliqué Jean-Luc Mélenchon, elle vise à lui succéder.

 

Pauline Mille