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Echec au plan Netanyahou-ONU pour envoyer en Italie, en Allemagne et au Canada les immigrés clandestins installés en Israël

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Par un pas de deux révélateur, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a successivement annoncé lundi qu’il allait, en accord avec l’ONU, envoyer dans les cinq ans vers l’Italie, l’Allemagne et le Canada 16.250 des quelque 37.000 immigrés clandestins installés dans son pays, puis fait machine arrière devant la levée de boucliers suscitée par cette défausse unilatérale. Auparavant Israël avait envisagé de transférer de force ces « demandeurs d’asile » vers un pays tiers en Afrique au 1er avril, ou envisagé de leur offrir une prime en argent liquide pour qu’ils s’en aillent. Des projets que les élites mondialisées dénonceraient comme relevant d’un populisme infréquentable s’ils étaient envisagés par un pays européen. L’accord entre Israël et l’UNHCR, autorité de l’ONU pour les migrations, évoqué lundi prévoyait que le reliquat d’immigrés clandestins demeurant en Israël après la « relocalisation » envisagée serait gratifié d’une autorisation de séjour de cinq années. Les « demandeurs d’asile » africains protestent depuis longtemps contre ces projets israéliens.
 

Israël a fait face à un afflux d’immigrés clandestins venus d’Erythrée et du Soudan

 
Il a fallu attendre lundi soir tard pour que Benjamin Netanyahou fasse machine arrière, alors que la presse italienne se déchaînait déjà. Quelques heures après l’avoir annoncé, il faisait savoir sur Facebook qu’il gelait l’accord dans l’attente de sa révision en raison des critiques qu’il suscitait. De fait, ce projet avait immédiatement provoqué des condamnations tant sur les réseaux sociaux que dans les médias dominants. Plusieurs ministres de droite du gouvernement israélien avaient même manifesté leur désaccord, déplorant que Netanyahou ne les eût pas consultés. L’Allemagne et l’Italie avaient aussi émis des critiques, relevant qu’elles n’avaient été mises au courant de rien. Un comble alors que ne nombreux membres de l’élite juive – libérale quant à elle – en Occident, George Soros en tête, prônent le laxisme migratoire au nom d’un humanisme cynique. Israël fait face à un afflux de migrants provenant principalement, via la frontière avec l’Egypte, d’Erythrée, pays chrétien et musulman soumis à une dictature néo-marxiste féroce, et du Soudan, pays dominé par un islamisme totalitaire. Ils seraient entre 37.000 et 39.000 à ce jour.
 
L’Etat hébreu, foyer juif depuis sa création, fait donc face au dilemme moral que lui pose une immigration non-juive. Le sujet est devenu un angle de combat pour la droite nationaliste israélienne qui estime que l’arrivée de migrants musulmans et chrétiens menace l’identité juive du pays. La gauche israélienne en revanche affirme que la genèse d’Israël lui impose d’accueillir des « réfugiés » fuyant les conflits et les famines. Netanyahou est pris entre deux feux.
 

L’ONU avait critiqué la proposition de Netanyahou d’un pécule de départ de 2.800 euros aux immigrés

 
En février, quelque 20.000 clandestins se sont vu notifier qu’ils avaient deux mois pour quitter le pays sous peine d’emprisonnement. L’ONU, qui ne manque jamais une occasion de favoriser les submersions migratoires, avait ensuite vertement critiqué la proposition de Netanyahou d’un pécule de 2.800 euros en échange du départ des immigrés clandestins vers un pays « sûr » qui aurait pu être le Rwanda. Des manifestations ont eu lieu à Tel-Aviv, où des milliers de ces immigrés clandestins sont installés un quartier surnommé « la petite Afrique ».
 
Le pas de deux de Benjamin Netanyahou trahit sa crainte de perdre le soutien de l’aile droite de sa majorité, qui qualifie les « demandeurs d’asile » « d’infiltrés » et exige leur expulsion. L’opposition de gauche, en revanche, dénonce la « lâcheté » du Premier ministre face à la pression politique. Benjamin Netanyahou se bat par ailleurs dos au mur face à de nombreuses accusations de corruption. Dans sa précipitation à conclure le plan avec l’ONU, il n’avait consulté ni ses propres collègues du Likoud, ni ses alliés. L’affaire survient aussi sur fond de conflit à la frontière de la bande de Gaza, le long de laquelle l’armée israélienne a tué une quinzaine de Palestiniens vendredi.
 

L’accord avec l’ONU a été critiqué par les nationalistes parce qu’il proposait de régulariser certains immigrés

 
L’accord passé avec l’ONU a aussi été critiqué pour son laxisme par la droite nationaliste membre de la coalition, prise par surprise. Naftali Bennett, ministre de l’Education et chef du parti identitaire Jewish Home Party, a déploré que certains immigrés clandestins fussent régularisés pour cinq ans, transformant Israël « en paradis pour infiltrés ». Simultanément, « des éléments de l’Union européenne » (dixit Netanyahou) critiquaient au contraire sa volonté de leur transférer le problème. A l’annonce du plan, la délégation de l’UE en Israël a manifesté son incrédulité. L’Allemagne et l’Italie ont fait savoir qu’elles n’avaient aucune intention de l’accepter. A Rome, le sénateur Roberto Calderoli (Ligue) a lancé : « Il n’est pas question de prendre une quote-part des 16.000 immigrés clandestins africains qu’Israël veut expulser de son territoire. A-t-on oublié que l’Italie doit déjà expulser six cent mille clandestins ? »
 
Des sources autorisées italiennes précisaient selon Il Giornale qu’il n’existait « aucun accord avec l’Italie dans le cadre du pacte bilatéral entre Israël et l’UNHCR pour la relocalisation en cinq ans des migrants venus d’Afrique en Israël ». A Berlin, le ministère de l’Intérieur faisait savoir qu’il n’avait « aucune connaissance d’une demande de relocalisation », ajoutant comme il se doit que l’Allemagne « avait totalement respecté ses engagements en matière humanitaire ces dernières années et continuerait de le faire ». Auparavant, le Rwanda et l’Ouganda avaient signifié qu’ils n’accepteraient aucun transfert contre leur volonté. L’échec est non seulement celui d’Israël, mais aussi celui des technocrates globalistes et immigrationnistes de l’ONU.
 

Matthieu Lenoir