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Le nouveau « speaker » du Congrès américain sera… l’ancien : Paul Ryan

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La nouvelle majorité républicaine à la Chambre des représentants du Congrès américain vient de réélire Paul Ryan à la présidence : le nouveau « speaker » ne sera donc autre que l’ancien, malgré ses clashes répétés avec le président élu Donald Trump au cours de sa campagne. Refusant de rallier le candidat, Paul Ryan s’en était régulièrement distancé, et il n’est pas particulièrement connu comme défenseur des causes les plus conservatrices.
 
C’est à huis clos que les Républicains de la chambre des représentants ont désigné Paul Ryan, « à l’unanimité », ont-ils indiqué, une décision qui témoigne à la fois de leur volonté de refaire l’unité dans un parti traversé par de nombreuses divisions au cours de la campagne, et peut-être aussi d’un désir de « normalisation ».
 
Lors d’une conférence de presse, mardi, Ryan a évité les questions qui fâchent : « Bienvenue à l’aube d’un nouveau gouvernement républicain unifié. Ce gouvernement sera focalisé sur l’objectif de transformer la victoire du président élu Trump en véritable progrès pour le peuple américain », a-t-il dit.
 

Paul Ryan, un nouveau « speaker » peu favorable à Donald Trump

 
Cela ne veut pas dire que Ryan se range aux propositions du candidat Trump mais semble plutôt indiquer que le Congrès, et notamment la Chambre des représentants, entend bien peser sur le cours des choses.
 
Ryan a refusé de répondre à plusieurs questions sur le choix de Steve Bannon, l’ancien directeur de la source Breitbart News – dénoncée comme extrémiste par la grande presse américaine – comme responsable de la stratégie présidentielle. Bannon lui-même n’a jamais manqué d’attaquer Paul Ryan pendant la campagne. Celui-ci s’est contenté de dire à la presse, avec un sourire figé : « Je ne regarde pas en arrière. »
La nomination unanime d’un homme connu pour son inimitié à l’égard de Donald Trump est un événement en soi : est-ce l’annonce de bras de fer à venir ? La revendication d’un vote unanime mérite cependant d’être tempérée par le fait que la tenue d’un vote à bulletins secrets a été refusée : il semble s’être s’agi plutôt d’un vote par acclamation qui permet de ne pas comptabiliser les éventuels opposants.
 
Selon une source présente lors du vote, Ryan avait déclaré au préalable avoir le soutien de Trump et de son équipe. Il affirme notamment avoir été en communication téléphonique avec Donald Trump lui-même tous les jours depuis l’élection.
 

Le Congrès américain toujours sous la houlette de Paul Ryan

 
Il lui reste désormais à obtenir le vote de la chambre elle-même, début janvier. Il lui faudra alors le vote explicite de la majorité de la chambre. Avec 218 Républicains, cela ne devrait pas poser de problème, d’autant qu’il n’a pas de concurrent.
 
L’un des participants à la réunion, le représentant républicain du Texas Louie Gohmert, en est sorti en faisant part de son peu d’enthousiasme. Il a notamment accusé le nouveau « speaker » d’être peu ferme en matière de sécurité des frontières.
 
Le premier geste de Paul Ryan aura été de créer une nouvelle fonction au Congrès : celle de responsable de la liaison avec l’équipe de transitions de Trump. C’est lui aussi qui a nommé à ce poste le représentant Chris Collins, l’un des premiers soutiens du président élu au début de sa campagne mais également proche de Paul Ryan.
 
Celui-ci s’était attiré l’hostilité de nombreux Républicains l’an dernier en capitulant devant les Démocrates et Obama pour permettre à celui-ci d’adopter son budget. Il est également favorable au Traité transatlantique et au Partenariat transpacifique, au grand dam des souverainistes de son parti.
 

Anne Dolhein