On croirait une nouvelle de Roald Dahl (William et Mary, pour les connaisseurs). Une start-up de biotechnologie, Bexorg, s’est lancée dans la récupération de cerveaux humains dans les heures qui suivent la mort de leurs « propriétaires », pour les mettre sous l’assistance de machines qui les maintiennent en vie. Sans présenter une quelconque activité électrique, la plupart de leurs fonctions sont ainsi conservées. Le but est de les utiliser pour tester de nouveaux médicaments, pour les maladies neurodégénératives en particulier.
Ces cerveaux sont-ils morts ou vivants ? C’est difficile à dire selon Bexorg. Grâce aux machines que la start-up a développées et baptisées BrainEX, ces cerveaux sont dans un entre-deux : sans conscience, certes, mais dans un état de fonctionnement que permettent des apports de liquides, de sang et d’autres substances. Cependant, Bexorg prend soin d’administrer en permanence un produit anesthésique afin d’éviter même un état de conscience minimale que la société juge donc hypothétiquement possible.
L’intérêt du processus, explique Zvonimir Vrselja, PDG de Bexorg, est d’avoir accès à des cerveaux qui ont vécu, qui ont subi des modifications, les aléas de la vie, et l’administration de différents médicaments. « On a des cellules qui ont été là pendant 60 à 80 ans », affirme Vrselja, enthousiaste.
De toute façon, l’exploitation d’un cerveau entier de cette manière est prévue pour durer 24 heures seulement. Ensuite, on le débite en tranches en vue d’analyses par les chercheurs. Bexorg vise ainsi l’étude de quelque 1.600 cerveaux par an.
Des volontaires ?











