fbpx

Le cardinal Zen au pape François : vos prêtres chinois restés fidèles à Rome ne savent pas ce qu’ils doivent faire

cardinal Zen pretres chinois Rome
 
Une longue lettre destinée à François, la demande d’un énième entretien avec le pape… Ce pourraient être, il l’a écrit, les derniers efforts du cardinal Zen pour tenter d’avertir le Saint-Siège de la folie de l’accord, dit « provisoire », entre la Chine communiste et le Vatican, conclu le 22 septembre dernier. La situation de l’Église clandestine chinoise se complique déjà, « ses prêtres pleurent », écrit-il. Pour autant, « notre ligne de fonds est le pape » a -t-il réaffirmé à ucanews.com.
 
Une position douloureuse, une position-martyr dont le communisme risque de profiter largement.
 
Le Vatican a voulu inclure, à tout prix. Ce qui va permettre au gouvernement de Pékin d’exclure à tout va – tout particulièrement ce catholicisme originel souterrain non choisi par Rome, et pourtant le seul qui lui était fidèle.
 

Les prêtres chinois restés fidèles à Rome ne savent pas ce qu’ils doivent faire

 
Le cardinal Zen a révélé qu’il s’était rendu à Rome à la fin du mois d’octobre pour remettre une lettre de sept pages au pape François. Une lettre qui expose les souffrances des catholiques depuis la signature de l’accord sino-Vatican, plus précisément « ce que des clercs lui ont crié », comme il l’a déclaré à l’Union des nouvelles catholiques asiatiques (ucanews.com).
 
« Ils ont déclaré que des responsables les avaient forcés à s’ouvrir, à rejoindre l’association (schismatique) patriotique chinoise et à obtenir un certificat de prêtre pour la raison que le pape avait signé l’accord provisoire sino-Vatican », a déclaré le cardinal Zen au groupe de presse.
 
Le problème majeur, comme le souligne LifeSiteNews, est que, comme l’accord n’a pas été révélé, ces prêtres, le clergé catholique légitime, ne savent pas ce qu’ils doivent faire, ne savent pas ce que le Saint-Père veut qu’ils fassent… Obtempérer et rejoindre les rangs de ceux contre qui ils ont toujours lutté ? Ou rester coi et s’écraser jusqu’à finir par disparaître ? En guise de réponse, le Vatican a choisi comme toujours le silence… procédé dont il est très malheureusement coutumier.
 

Le cardinal Zen ne comprend pas le pape

 
« Certains prêtres se sont échappés et d’autres ont disparu parce qu’ils ne savaient pas quoi faire et qu’ils étaient dans la confusion ». Dans sa lettre, le cardinal Zen évoque de nombreuses difficultés essuyées par les prêtres chinois de l’Église clandestine : argent confisqué, harcèlement par les autorités civiles, emprisonnements et même exécutions. « Le Saint-Siège ne les soutient pas et les considère comme un problème. C’est ce qui les rend le plus malheureux ».
 
Il a redit, pour la énième fois, toute son incompréhension du message papal, de ce pape François qui n’hésite pas à saluer « ceux qui ont souffert pour la foi », en parlant des ex-pays du bloc communiste, et ne voit pas dans ces catholiques chinois les stricts pendants, en Asie, des martyrs européens d’hier. « Leur histoire est aussi l’histoire de l’Église chinoise et de la situation actuelle » !
 
Soucieux de ne pas accabler le Saint-Siège, le cardinal Zen reporte sa charge sur les conseillers du pape François, notamment son secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, qu’il a déjà qualifié de « maître des marionnettes » dans le Catholic Monitor. « Il sait le visage hideux de la Chine et sait que ses dirigeants sont pas raisonnables. Il ne les utilise que pour atteindre le but d’établir des relations diplomatiques. »
 

Ne pas se rebeller, mais « attendre des temps meilleurs »

 
Le cardinal n’est pas optimiste quant à l’avenir de l’église clandestine chinoise, confrontée dès lors à un choix impossible, très certainement pire que l’isolement et la répression qu’elle a toujours subis. Car, comme l’écrit la journaliste de LifeSite, « l’interférence du gouvernement dans l’Église signifie que pour maintenir la foi entière et entière, l’Église doit rester clandestine. Cependant, une partie de cette foi est la reconnaissance d’un pontife régnant en tant que vicaire du Christ »… qui a décidé, même s’il ne l’a pas dit explicitement, que l’Église clandestine avait tort. L’aporie est de taille.
 
Malgré tout cela, « notre ligne de fond est le pape », a déclaré le cardinal Zen. « Nous ne pouvons pas l’attaquer. Si le pape a tort cette fois, j’espère qu’il admettra l’erreur ; s’il ne l’admet pas, j’espère que le futur pape soulignera l’erreur. Si vous ne suivez pas, alors il n’y a pas de principe, donc les frères de la partie continentale ne doivent pas se rebeller ».
 
Pas de « révolution » pour le cardinal Zen : aux prêtres, il déclare que si le gouvernement leur enlève leurs églises ou leur interdit de célébrer, ils devraient retourner dans leurs familles, continuer à prier et « attendre des temps meilleurs » : « le communisme n’est pas éternel »…
 

« La Chine a un plan [communiste] harmonieux »

D’autres catholiques, laïcs ceux-là, des îles Britanniques, ont fait entendre leur voix , en publiant une lettre ouverte, le 9 novembre dernier, dans le Catholic Herald pour s’élever contre cet accord entre le Vatican et le gouvernement communiste chinois habitué des persécutions religieuses tous azimuts, particulièrement à destination des chrétiens et des musulmans.
 
L’une des signataires, Kathy Sinnott, organisatrice du « Rosaire sur les côtes » pro-vie d’Irlande, raconte qu’en tant que député européen, elle avait pu se rendre à Hong Kong à la conférence ministérielle de l’OMC. Quand elle a voulu évoquer ces problèmes avec les autorités chinoises, « ils n’ont jamais répondu » et se contentaient de dire en souriant : « La Chine a un plan harmonieux ». On connaît les harmonies communistes.
 
Curieux accord quand même, et le mot est faible, où tout indique que le gouvernement chinois officiellement athée a été investi d’un rôle dans le choix des évêques catholiques… Comme le signale l’un des signataires de la lettre ouverte, le Dr Joseph Shaw, jamais le Saint-Siège n’avait permis cela, « même à l’époque où les monarques catholiques insistaient pour pouvoir nommer les évêques dans leur pays » !
 
C’est aux persécuteurs communistes de l’Église qu’il octroit aujourd’hui ce droit. Pour les prêtres chinois restés fidèles et aujourd’hui, laissés pour compte, la petite sœur Espérance doit être bien difficile à ne pas lâcher – bien qu’il le faille plus que jamais !
 
Clémentine Jallais